Cette instruction n'est jamais venue, que je saclie
2. Façon très particulière d'entendre le service d'un périodique.
teté, je La supplie d'agréer le témoignage profondément respectueux et sincère que, dans les circonstances présentes, je crois devoir lui rendre de ma fidélité aux enseignements de l'I-Lglise et spécialement à ceux qui sont contenus dans l'encyclique De sludiis Scviplanv sacriv. Api)elé, il y a quatre ans, à occuper la chaire d'exégèse biblique à la Faculté de théologie de Paris, j'ai voulu dans mes leçons poursuivre sur le terrain des lilcritures l'accord de la foi et delà science. En ce qui regarde la doctrine théologique de l'inspiration, j'ai toujours soutenu, comme le prouvent mes écrits, que la Bible est inspirée dans toutes ses parties, et inspirée pour être vraie. Je considérais comme faux les S3^stèmes qui tendent à limiter l'étendue de l'inspiration, et que l'encyclique a condamnés. Sur les points où l'Écriture est en contradiction apparente avec les sciences naturelles, j'ai dit que les auteurs bibliques avaient parlé le langage de leur temps et qu'ils étaient, pour cela même, dans le vrai relativement cà la science de leur époque, la science de nos jours ne pouvant d'ailleurs prétendre avoir trouvé le dernier mot des choses, ni servir de règle absolue pour contrôler même en ces matières les indications que présentent les Livres saints. Dans les questions d'histoire, j'ai cherché à résoudre, par un examen attentif des procédés suivis par les écrivains sacrés et du but qu'ils avaient en vue, les contradictions qui semblent exister entre eux. // me paraissait nécessaire,
pour répondre aux besoins du temps présent, d'appliquer avec prudence la méthode critique, en ce qu'elle a de légitime, à l'étude de l'Ecriture sainte, et de lutter ainsi contre les adversaires de la Bible en emploijant leurs propres armes. L'apparente nouveauté de ma méthode exégétique a soulevé des contradictions. Quelque temps avant la publication de l'encj'clique Providenlissimns Deus, i'ai dû renoncer à la chaire qui m'avait été confiée.
Il est douloureux pour un prêtre dont la vie est depuis longtemps consacrée aux études bibliques, de se trouver ainsi désigné à la défiance universelle comme fauteur d'opinions dangereuses, avant tout jugement du Siège apostolique. Mais j'éprouve une grande consolation à venir aujourd'hui, dans la simplicité de mon âme, attester au Vicaire de Jésus-Christ ma soumission la plus entière à la doctrine qu'il a promulguée dans l'encyclique sur l'étude de la sainte Écriture.
Les objections que les ennemis de l'Église soulèvent déjà contre ce document admirable m'ont suggéré l'idée d'un mémoire dont j'ose adresser l'humble hommage à Votre Sainteté, pour témoigner de ma parfaite soumission aux enseignements du Saint-Siège, de la bonne volonté que j'ai eue de servir l'Église, et de l'espoir que j'ai de la servir encore en me conformant à toutes les instructions du magnanime Pontife Léon XIII.
Extrait de Tencyclique de Léon XIII au clergé de France, du 8 septembre 1899 :
Au sujet des saintes Ecritures, nous appelons de nouveau votre attention, Vénérables Frères, sur les enseignements que nous avons donnés dans notre encyclique Providentissinnis Deiis, dont nous désirons que les professeurs instruisent leurs élèves en y ajoutant les explications nécessaires. Ils les mettront spécialement en garde contre des tendances inquiétantes qui cherchent à s'introduire dans l'interprétation de la Bible, et qui, si elles venaient à prévaloir, ne tarderaient pas à en ruiner l'inspiration et le caractère surnaturel. Sous le spécieux prétexte d'enlever aux adversaires de la parole révélée l'usage d'arguments qui semblaient irréfutables contre l'authenticité et la véracité des Livres saints, des écrivains catholiques ont cru très habile de prendre ces arguments à leur compte^. En vertu de cette étrange et périlleuse tactique, ils ont travaillé de leurs propres mains à faire des brèches dans les murailles de la cité qu'ils avaient mission de défendre. Dans notre Encyclique précitée..., nous avons fait justice de ces dangereuses témérités.
1. Comparer le passage que j'ai souligné dans le document précédent.
Lettre du cardinal Richard à M. Bricout, secrétaire de la Revue du clergé français, 2:5 octobre 1900 :
Monsieur le Secrétaire,
La Revue du clergé français a public, dans le numéro du 15 octobre, un article ayant pour titre : Lu rcliç/ion d'Israël, ses origines, et portant la mention : à suivre.
Cet article est en contradiction avec la constitution Dei Filius promulguée dans le concile du Vatican ; il est pareillement en contradiction avec les règles données par le Souverain Pontife Léon Xlll pour l'interprétation des livres de la sainte Kcriture dans l'encyclique Providenlissinuis Drus.
Nous en interdisons la publication dans la Revue du clergé français.
La présente lettre devra être imprimée en tète du premier numéro de novembre.
Ordonnance du cardinal Richard, en date du 17 janvier 1903, portant condamnation de lEvangile el VEglise :
François-Marie-Benjamin Richard, par la grâce
de Dieu et du Saint-Siège apostoliciue cardinal prêtre de la sainte l-]glise romaine, du titre de Sainte-Marie in via, arclicvèque de Paris,
x\près avoir pris connaissance des conclusions du rapport qui nous a été soumis par la commission que nous avions instituée j)our exannner le livre de M. l'abbé Loisy, intitulé VEvamiilc et l'Jù/lise;
Considérant :
1" Qu'il a été publié sans l'imprimatur exigé par les lois de l'Eglise;
2" Qu'il est de nature à troubler gravement la foi des fidèles sur les dogmes fondamentaux de l'enseignement catholique, notamment sur l'autorité des Écritures et de la tradition, sur la divinité de Jésus- Christ, sur sa science infaillible, sur la rédemption opérée par sa mort, sur sa résurrection, sur l'eucharistie, sur l'institution divine du souverain pontificat et de l'épiscopat ;
Nous réprouvons ce livre et nous en interdisons la lecture au clergé et aux fidèles de notre diocèse.
Décret du Saint-Offîce et lettre du cardinal Merry del Val au cardinal Richard (traduction officielle) :
Dans la congrégation du mercredi 16 courant ',