REVOLUTION DE
Tout ceci est à revoir sévèrement.
J'ai écrit ces notes, très consciencieuses du reste, dans les premiers mois de 1848. Les
républicains du ATd/wW' régnaient et
J'observais cela dans un étrange état d'esprit, comprenant peu cette révolution et craignant qu'elle ne tuât la liberté. Plus tard, la révolution s'est faite en moi-même; les hommes ont cessé de me masquer les principes. J'ai compris que Révolution, RépubHque et Liberté sont identiques. La Liberté est le principe, la Révolution est le moyen, la République est le résultat.
Cette note explique d'une façon définitive l'évolution politique de Victor Hugo; comme il le dit ailleurs, il n'est devenu républicain que lorsqu'il a vu la République étranglée et l'empire établi.
En 1848 , il n'est que spectateur attentif, observant «dans un étrange état d'esprit»
'■' Le bord du papier se trouvant arrache, les trois dernières lettres du titre de ce journal manquent, ainsi que le mot que nous laissons en blanc.
Jes événements et les relatant jour par jour; comme il le dira en janvier 1849, il «tâte le pouls à la situation», recueillant çà et là dans l'Assemblée, dans les salons, dans la rue, dans les réunions publiques, les symptômes alarmants ou rassurants et surtout les différents «états d'âmes» des diverses classes de la société. Toute une série de croquis pris à l'Assemhléi nationale complète le récit des événements par le portrait de ceux qui les font ou qui les subissent et donne un relief saisissant à cette histoire en marge de l'Histoire , peut-être plus vraie, parce qu'elle nous
montre les hommes politiques pris pour ainsi dire en instantanés, dépouillés du masque dont les couvre le respect humain ou l'hypocrisie.
Les deux volumes de Choses vues , parus le premier en 1887, le deuxième en 1900, furent une révélation pour ceux-là mêmes qui connaissaient le mieux l'œuvre du poète; on trouva là un Victor Hugo familier, intime, moderne, passé maure dans l'art de présenter les grands et menus faits, ceux qui sont en marge des événements, et qui éclairent et complètent l'Histoire.
Nous remettons au tome II de Choses vues la publication de la Revue de la critique et des notices bibliographique et iconographique.