‹ Chrestomathie de l'ancien françaisChapitre 48 sur 63 · GRAMMAIRE DES LANGTT.S ROMANES · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE DES LANGTT.S ROMANES

Par W. MRYRR-LiiiiKF,, rnADicTidN par MM. A, ht G. Doi rruiPONT

4 VOL. iN-S. Prix : IHo fr. Puir lks SouscRiPTKiits : 1 1."> fr.

La Douzaine, pour les Séminaires et Cours supérieurs, 1.200 fr.

§ 41. PLURIEL DES MASCULINS EN -rt ET DE LA CLASSE EN -r 63

vespa suivent ape. A mentionner en espagnol : mal, refait sur bien, carpe, cvbre, abedul (J, § 312), apôsiol, àngel, don, capilan, capeUan et d'autres mots en -an, mais surtout des mots d'origine (57) française, tels que immje, mcje,goJpe etc. En portugais enfin, -auo devient -ào (I, § 400) ; cette forme se rattache donc également à cette classe, bien qu'au pluriel -àos soit différent de -ôcs. — Rares ont donc été les passages de la deuxième à la troisième classe ; cependant, tantôt au pluriel, tantôt au singulier, elles se touchent de très près. Seul l'Ouest, y compris le sarde, les sépare bien nettement, tandis que l'Est, par suite de la transformation de -esen -/, confond les deux classes au pluriel. Toutefois, il subsiste encore une diflerence : les pluriels en -a, -ora proviennent très rarement de singuliers en -e. Les formes roumaines singiiirl de sînoe, cârnun font partie des pluriels collectifs examinés au § 31 ; minière, plur. de nitnieen a.-roum., Cod. Vor. I, 5 est un exemple à part. Quant à l'italien, si nous faisons abstraction du sicilien, qui offre, des conditions particulières et où ce n'est qu'en donnant -a au pluriel qu'on a pu le différencier du singulier -/ sorti de -e, nous n'avons eu h y signaler (§ 38) que de rares exemples de pluriels en -a et -ora avec singulier en -e. En français, en provençal et en rhétique, où tombent -e et -0, les deux classes se sont confondues également par voie phonétique, au singulier et à l'accus. plur,; il en était résulté, dans les masculins, cette assimilation du nominatif de III au nominatif de II, phénomène dont il a été question au § 22. Or, la distinction d'après les genres qu'on observe ici, se rencontre également en Italie, c'est-à-dire qu'au pluriel des féminins, -e prend la place de -/, ce qui l'assimile au pluriel des féminins en -a, mais supprime en même temps la flexion, en ce sens qu'au singulier -e est remplacé par -a (§ 29). Les limites de ce phénomène, dans le temps et dans l'espace, ne sont pas encore déterminées. Des formes de pluriel telles que prece, face, merce, consorte, dape, se trouvent chez Dante dans une proportion prédominante, mais pas exclusivement à la rime ; des prosateurs comme Cellini, et encore moins les divers chroniqueurs dePise, de Sienne, etc., ne les ignorent pas. Les anciens textes de Gènes, Milan, Vérone, Venise les emploient également, et, de nos jours, l'existence en est attestée dans le parler populaire de la Toscane et dans le

PAGE SPECIMEN

Page 1