EX, ES
Ex a passé dans le vieux français avec des mots d'origine latine ou même entièrement latins ; exclamer y excogitation, exir^ expeller^ extoller, extens (exlensus) expert.
Il est entré avec le même sens dans des mots qui n'existent pas en latin, mais en dérivent ; Expatriation^ exoriller (couper les oreilles), expaûé (exilé). Même dans des mots qui n'ont pas de rapport avec le latin : Exhamir, une des variantes de eschamer^ escamir (médire, calomnier, injurier).
Au lieu de ex on écrivait bien plus souvent es, à la façon des Italiens, des Espagnols quelquefois, ainsi que des Portugais. Espurger, esclos (ex et claudere), escamper (campus), escolorit (pâle), esbeu (ivre, qui a bu jusqu'au bout), escondire (refuser, repousser, congédier, de ex et condicere).
Es canservait, comme particule prépositive, les acceptions de ex même dans des mots qui ne rappelaient pas à l'esprit une origine latine immédiate : esrouté (sorti ie la route), estotitUtr (bouillir complètement).
Es au commencement des mots n'est pas toujours une syllabe significative ; dans beaucoup de cas c'est moins une syllabe qu'un composé de deux éléments, Vs initial du mot primitif et un e euphonique. Dans les mots dérivés du latin où Vs initial est suivi d'une autre consonse, la plupart des langues romanes le font précéder d'un e pour éviter dans la liaison des mots un concours dur de consonnes. Le vieux français a moins usé de ce moyen que les langues du midi occidental de l'Europe. Dans le français moderne Ve a été rejeté quelquefois, comme dans escandale, qui n'existe
pins que comme provincialisme, et Vs a été supprimé là où il D'ajouté rien à la prononciation, par exemple dans eschevin^ eschelk^.