‹ Chrestomathie des prosateurs français du 14e au 16e siècle, avec uneChapitre 52 sur 113 · ADVERBES · texte numérisé non relu

ADVERBES

§47. — La terminaison ment du plus grand nombre des adverbes est aussi ancienne que la langue. Elle dérive de l'ablatif latin mente, exprimant la disposition d'esprit dans laquelle une action se fait : placida mente, mala mente. Dans le bas*latin, et de là dans les langues néo-latines, ce mot, ajouté à des qualificatifs

comme suffixe ou terminaison, a passé du sens particulier quMl avait au sens plus général de manière ou de mode dans l'acception la plus étendue.

Par suite de cette origine, ment dérivant d'un substantif féminin s'est rattaché au féminin des adjectifs : Bonnement, malement^ durement, bêlement (doucement, sans bruit), couardement (avec crainte).

Cette règle a été suivie jusqu'à la fin du XVI">« siècle, même pour les adjectifs dont Ve muet final était précédé d'une voyelle : Attrampeement (diVec moAéxdiixov), désordonnéement, ingénuement; Mon-^ taigne; vmyement, Id. — Au XVII"* siècle on a supprimé cet e, gênant pour la prononciation. Avant ce temps déjà l'on remarque des exemples épars de cette suppression : sauvément.

Par une autre construction et par l'attraction naturelle ou organique de toute consonne liquide pour elle-même, dans les adjectifs féminins en anteeien ente, on changea cette terminaison en am et en em devant ment : Picqxmmment. Montaigne.

Mais on rencontre à côté de cette abréviation la formation primitive : Opulentement.

Les adverbes qui semblent formés du masculin dérivent des adjectifs qui autrefois avaient la même terminaison pour le masculin et le féminin ; anciennement : fartment, mortelment. Cette remarque est de M. Ampère *.

Pour tout le reste, le Lexique donnera les explications nécessaires.

« Voir sur toute cette matière : Ampère, Hist. de la form., 266 -269. — DieZy Grammatik der rom, Spr. IT, 382.

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