‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 43 sur 245 · IV - CONJUGAISON · texte numérisé non relu

IV - CONJUGAISON

13^. Dans la formation des verbes français les lois de la phonétique ont été souvent contrariées par celles de l'analogie, ou, plus exactement, aux formes phonétiques se sont substituées souvent des formes analogiques, et cela à toutes les époques, depuis la période latine jusqu'à nos jours.

135. En latin vulgaire la forme déponente avait été remplacée par celle de la voix active : se^uor, sequî YidiV sequo^ sequëre ; iKOrior^ mori par morio^ morire.

136. La forme analytique de la voix passive, exclusivement restreinte dans le latin classique à quelques temps passés, s'est étendwe dans le latin vulgaire à tous les temps, sauf le participe {amor est remplacé par .mm amatus., amaba'^' par eram amatus, etc.).

137. Le latin vulgaire a renoncé au supin et au participe futur; en revanche il a créé le conditionnel.

conjugaison; XLVII

138. P L'imparfait du subjonctif fut remplacé par le plus-que-parfait du subjonctif; 2^ A côté de la tonne synthétique du parfait de Tindicatif, qui est devenue notre passé défmi (ama{v)i : famai)^ on créa une forme analytique, composée du présent de hahere et du participe passé des verbes {habeo amatum : jai amé); 3° Le parfait des autres modes et le plus-que-pariait synthétique de tous les modes furent remplacés par des formes analytiques, composées du présent et de l'imparfait d'habere et des participes passés des verbes {amavero par hahere habeo amatum : favrai amé

— amaverim par habeam amatinn : que jaie amé

— amavisse par hahere amatum : aveir amé — amaveram par habebam amatum : faveie amé — amavissem par habuissem cmatum : que foiîsse amé)\ A ces différents passés de Findicatif on en ajouta encore un autre {habui amatum : foi amé)-^ 5° La forme synthétique du futur présent fut aussi remplacée par un composé de Finfinitif du verbe et du présent de hahere {amabo \yAV amar(e) habeo : famérai)-^ 6" Le conditionnel présent (({ui est en réalité un imparfait du futur) fut composé de l'infinitif du verbe et de l'imparfait de habere {amar{e) {hab)ebam : famé reie).

139. En tranchais la 2' pers. sing. est toujours teiminée par une s (ou un z = ds^ ts). La 3*^ pers. sing. était à l'origine toujours terminée par un ^; ce i après e féminin et aux passés définis faibles s'est affaibli en puis est tombé à la fin du xr siècle (cf., n*" 71). La

XLviîi INTRODUCTION

pers. plur. est en -ames^ -imes^ -umeSy au passé défini; en -iiems > -iiens jusqu'au xiii'' siècle à l'imparfait de l'indicatif et au conditionnel présent, en-iems > 'iens au présent du subjonctif des verbes en -ier et de ceux dont la forme latine était en -iamus^ -eamiis^ à tous les autres temps elle est en -oms > -ons *, terminaison analogique (ayant sûmus pour point de départ). Au xiii^ siècle, et surtout au xiv% -iiens et -iens ont été remplacés par -ions. La 2^ pers. plur. du présent de l'indicatif 2 et du subjonctif se termine en -e^ (en -fe^ quand l'infinitif est en -ler, et au subjonctif des verbes dont la forme latine correspondante était -iatis^ -eatis), celle de l'imparfait de l'indicatif et du conditionnel présent en -iiez, qui se réduit à -iez au xiii^ siècle, celle de l'imparfait du subjonctif en -iez^ celle du parfait de l'indicatif en -asles, -istes^ -listes. La terminaison -ez est phonétique lorsqu'elle correspond à -atis; ailleurs elle est analogique. La 3^ pers. plur. est toujours en -ent^.

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