Madame de Maintenon à sa nièce
Je vous aime trop, ma chère nièce, pour ne pas vous dire vos
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vérités; je les dis bien aux demoiselles de Sainl-Cyr, comment vous négligerais-je, vous que je regarde comme ma propre fille? Je ne sais si c'est vous qui leur inspirez la fierté qu'elles ont, ou si ce sont elles qui vous donnent celle qu'on admire en vous. Quoi qu'il en soit, vous serez insupportable si vous ne devenez humble. Leton d'autorité que vous prenez ne convient point.
Vous croyez-vous un personnage important, parce que vous êtes nourrie dans une maison où le Roi va tous les jours? Lelendemain de sa mort, ni son successeur, ni tout ce qui vous caresse, ne vous regardera, ni vous, ni Saint-Cyr . Si le Roi meurt avant que vous soyez mariée, vous épouserez un gentilhomme de province avec peu de bien et beaucoup d'orgueil . Si , pendant ma vie, vous épousez un seigneur, il ne vous estimera, quand je ne serai plus , qu'autant que vous lui plairez ; et vous ne lui plairez que par la douceur, et vous n'en avez point. le ne suis pas prévenue contre vous; mais je vois en vous un orgueil effroyable.Vous sa-
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vez l'Évangile par cœarret qu'importe, si tous ne vous condoisez point par ses maximes?
Songez que c est uniquement la fortune de votre tante qui â fait celle de votre père, et qui fera la vôtre, et moquez-vous des respects qu'oa VjOus rend. Vous voudriez vous élever même audessus de moi: se vous flattez ^oint, je suis très-peu de chose, et vous n'êtes rien .
Je vous parle comme à une grande fille , parce que vous en avez l'esprit. Je consentirais de bon cœur que vous en eussiez moins , pourvu que vous perdissiez celle présomption ridicule devant les hommes, ^t criminelle devant Dieu . Que je vous retrouve, à mon retour, modeste, douce, timide, docileje vous en aimerai davantage .Vous savez quelle peine j ai à vous gronder, et quel plaisir j'ai à vous en faire ^
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