‹ Chrestomathie française à l'usage de la jeunesse arabeChapitre 54 sur 74 · ANECDOTE TURQUE · texte numérisé non relu

ANECDOTE TURQUE

Un coinmis8aire,étant un jour en fonction, rencontra un bourgeois qui venait de la boucherie, et s*en retournait chez lui.Jl lui demanda ce qu'il portait. «C'est^ répondit le bourgeois en colère, de la viande que je viens d*acheter chez tel boucher.* Le commissaire , frappé de la réponse et du ton du bourgeois, voulut sa* Toir le snjet de son ni('conteniement : il s'informa si la viande était trop chère. «Sans doute.répondit le bourg<'ois , vous avez beau Gier le prix^les bouchers s'en moquent; ils exigent le triple de la taxe, encore ne donnent-ils pas le poids. Il manque à ce morceau au moins deux à trois onces. — Mène^moi, dit le commissaire , 5 Tendroit où lu Tas prise. » Le commissaire^ y étant arrivé, ordonna au boucher de peser le morceau, et il s*y trouva effectivement quatre à cioq onces de

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moios. Le cominîssaire alors adressa ces paroles aa bourgeois: c Quelle justice demandes- tu de cet homme?Que veux-tu exiger de lui? — Jcdemandc^dit le bour« geois, autant d*onces de sa chair qu'il m*en a retranché du morceau qu*il m'a vendu. — Tu les auras, repartit le commissaire, et tu les couperas toi-même; nrais si tu en coupes plus ou moins, tu seras puni . • Le bourgeois, étonné de la sagesse de ce jugement, disparut comme un éclair.

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