‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 47 sur 151 · SILVIA · texte numérisé non relu

SILVIA

J'entends; et vous allez à Florence sans doute ?

ZANETTO

Sans doute ? Non, Je vais par là ; mais, si la route Se croise de chemins qui me semblent meilleurs, Eh bien, je prends le plus charmant et vais ailleurs, J'ai mon caprice pour seul guide, et je voyage, Comme la feuille morte et conmie le nuage. Je suis vraiment celui qui vient ou ne sait d'où Et qui n'a pas de but, le poète, le fou. Avide seulement d'horizon et d'espace.

Celui qui suit au ciel les oiseaux, et qui passe. On n'entend qu'une fois mes refrains familiers. Je m'arrête un instant pour cueillir aux halliers

2l>8 CHREST0.MATH1E FHANr.AISfi

Des lianes en fleur dont j'orne ma gui lare, Puis je repars. Je suis le voyageur bizarre Que tous ont rencontré, léger de ses seize ans, Dans le sentier nocturne où sont les vers luisants. Quand il pleut, je me mets sous l'épaisse feuillée, Et je sors, ruisselant, de la forêt mouillée, Pour courir du côté riant de l'arc-en-ciel. Ne la cherchant jamais, je trouve naturel De n'avoir pas encor rencontré la fortune. Je suis le pèlerin qui marche sous la lune. Boit au ruisseau jaseur, passe le fleuve à gué, Va toujours et n'est pas encore fatigué.

Pour la couronne ^ ACTE III

Page 1