UNE AUTRE VOIX
Pourtant...
CYRANO
Ce n'est pas encore feit ?
Avec le geste de retrousser ses manches .
Bon ! je vais sur la scène en guise de buffet, Découper cette mortadelle d'Italie 1
MONTFLEURY, rassemblant toute sa dignité.
En m'insultant, Monsieur, vous insultez ThaHe ! *
CYRANO, très poli.
Si cette muse, à qui. Monsieur, vous n'êtes rien, Avait l'honneur de vous connaître) croyez bien Qu'en vous voyant si gros et bête comme une urne, Elle vous flanquerait quelque part son cothumec
LE PARTERRE
Montfleury ! Montfleury ! — La pièce de Baro ! —
CYRANO, à ceux qui crient autour de lui.
Je vous en prie, ayez pitié de mon fourreau ; Si vous continuez, il va rendre sa lame !
Le cercle s'élargit.
LA FOULE, reculant.
Hé 1 là !...
CYRANO, à Montfleury.
Sortez de scène !
LA FOULE, se rapprochant et grondant.
Oh ! oh !
CYRANO, se retournant vivement.
Quelqu'un réclame ?
Nouveau recul.
UNE VOIX, chantant au fond.
Monsieur de Cyrano Vraiment nous tyrannise ;
^ La muse de la Comédie. Les Grecs la représentaient couronnée de lierre, chaussée de brodequins ou cothurnes et tenant un masque à la main.
Malgré ce tyranneau On jouera la Clorise.
TOUTE LA SALLE, chantant.
La Clorise, la Clorise /...
GYBANO
Si j'entends une fois encor cette chanson, Je TOUS assomme tous.
UN BOURGEOIS
Vous n*êtes pas Samson ! ^
CYRANO
Voulez-vous me prêter, Monsieur, votre mâchoire ?
UNE DAME, dans les loges.
C'est inouï !