‹ Chrétiens et TurcsChapitre 106 sur 119 · IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE · texte numérisé non relu

IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE

cesminess'étendaient. Un jour, les artilleurs ravertirent que les Russes irayaillaîent à l'extrémité gauche et sous la redoute même. Aussitôt Grach fit élever un parapet soixante pas derrière celui qui existait à Textrémité de la redoute, et sous lequel travaillaient les mineurs russes. Les deux canons furent enlevés et placés sur le nouveau parapet. Deux factionnaires voués aune mort certaine restèrent impassibles sur le parapet le plus voisin de la mine. Le H mai fut livré le pre* mier assaut. La mine fitexplosien, mais n'emporlaque les deux factionnaires, et la colonne russe se trouva en face du second parapet, où elle fut reçue par une mitraille et une fusillade si bien nourries, qu'après un combat d'une demi-heure, elle fut forcée de se retirer avec une perte de douze cents hommes.

Le 21 mai, un second assaut fut tenté dansles mêmes conditions, et les Russes essuyèrent de nouvelles pertes, plus considérables encore que la première fois. Malheureusement la garnison de Silislrie commençait à manquer de vivres, et le bombardement, les maladies, l'avaient réduite à cinq mille hommes. On lui préparait toutefois des renforts, et c'est pendant le siège de Silistrie qu'on vit arriver à Choumla le premier noyau des cosaques ottomans. Us étaient commandés par Sadyk-Pacha. L'histoire de cet aventureux condcttiereest curieuse. Michel Chaïkoski , gentilhomme polonais, chevalier de Malte et grand propriétaire en Ukraine, avait émigré en 1831, ala suite de l'insurrection de Pologne. Il vint en France, et se mita écrire en polonais

des romans qui lui ont valu dans sa patrie le saraom de Walier-Scott de l'Ukraine, dont il raconta les scènes historiques. Plus tard, il fui envoyé à Gonstaniinople comme agent de Témigration polonaise, s'y distingua par sa sagacité^ son aptitude pour les affaires politiques^ et parvint à acquérir sur les hauts fonctionnaires ottomans une influence qui ne fut pas inutile même aux ambassadeurs d'une grande puissance, qui se servirent plus d'une fois de lui. Néanmoins la protection française, qui l'avait souvent défendu contre les persécutions russes, lui fit défaut à la fin de 1850, el, pour ne pas abandonner le terrain de ses luttes et de ses succès diplomatiques, le chevalier de Halte se fit musulman sous le nom de Sadyk-Boy. Au commencement de 1^ guerre, ce génie inventif proposa à la Porte d'organiser une légion de cosaques vieux croyants de la Dobroudja et d'y attirer les Polonais qui voudraient servir la cause des Turcs. Celte légion fut créée, et Sadjk-Pacha nommé chef des cosaques ottomans. Il arriva à Choumla avec six cents cavaliers cosaques, bulgares et polonais, dont Tuniforme montrait la réunion de la croix et du croissant. Le serdar confia à Sadyk-Pacba le commandement deTavant-garde de son armée.

Pendant que le siège de Silistrie était la principale préoccupation des généraux russes, l'armée anglo4rançaisc commençait à arriver en Turquie. Omer-Pacha souhaitait vivement de voir les troupes alliées débarquer en Bulgarie; mais elles prirent position à GalUpoli. Peu après, les commandants en chef des armées alliées

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