DE LA TROISIEME EDITION
L'intention de l'auteur n'est pds, en publiant cette troisième édition, de continuer, même d'une manière succincte et abrégée, le récit des événements au point où il les avait laissés ; ce serait l'objet d'un nouvel ouvrage ; mais de même qu'il faisait observer dans la préface de la première édition que ses prévisions avaient toujours été justifiées, il lui sera peut-être permis de rappeler ici que depuis l'époque où ce livre a paru pour la première fois (1859), les événements ont continué à lui donner raison. La Roumanie a aujourd'hui un prince étranger pris dans une des familles souveraines de l'Europe, et la présence de ce jeune prince à la tête des Roumains semble assurer aux Principautés un brillant avenir; le Liban a un gouverneur unique et catholique comme j'en avais démontré la nécessité dès l'année 1 8A5 (Voir
II 1»REKACK.
Le Liban et la Syne^S^ édition). Les îles Ioniennes sont réunies à la Grèce, la Serbie et le Monténégro ont de plus en plus développé leur autonomie, et la Bulgarie attire les regards de l'Europe,
La chute du prince Couza, Toubli dans lequel il est tombé après avoir si fort occupé Tattention publique, la joie universelle avec laquelle la Roumanie a accueilli son successeur dispensent l'auteur de porter un jugement sur le dernier gouvernement de la Moldo-Valachie. Il l'a vu deux fois à l'œuvre sur les lieux : à son début, en 1859, et au mois de juillet 1865, peu de temps avant sa chute. x\ cette époque, et après un court séjour à Bukarest, l'auteur n'hésita pas à déclarer que le règne du prince Couza touchait à sa (in. Cette un il Tavait même pressentie dès Tannée précédente. Dans le coup d'État de 1864, dont on voulait faire honneur au prince Couza comme d'un acte d'habileté, il ne voyait qu'une hardiesse que rien ne provoquait ni ne justifiait. Les coups d'État peuvent sauver quelquefois les gouvernements et mériter même la popularité, mais c'est à la condition de servir les vrais intérêts des sociétés et non pas seulement des ambitions personnelles.
La situation de l'empire ottoman s'imposrrhaque jour davantage à rallenlion des honmio
PREFACE. m
d'État, et l'auteur a pensé que des études consciencieuses, faites .par un écrivain qu'un long séjour en Orient a pu rendre familier avec les intérêts, les mœurs, l'histoire, les langues des diverses nationalités qui couvrent ce vaste empire, pourraient être de quelque utilité pour le public. Après plus de vingt ans, des beys de l'Albanie, des évoques et des émirs du Liban , ont prié des voyageurs de les rappeler au souvenir de l'auteur, à qui ce livre a valu de hautes adhésions.
Il ne peut résister au plaisir de faire connaiti^ au lecteur une lettre qui lui fut adressée peu de temps après la publication de Chrétiens et Turcs^ par l'illustre écrivain dont l'éloquence a brillé avec tant d'éclat dans la chaire du professeur ou dans les assemblées politiques et dont le talent, en conservant toute sa souplesse, semble avoir acquis une nouvelle vigueur*.
Paris, ce 15 avril 1859.
« Monsieur,
« Je vous étudie; c'est là mon excuse de ne « vous avoir pas encore remercié. Mais vous ne « pouviez douter du vif intérêt qu'inspire votre « ouvrage à tous les amis de la noble cause
^ Si celte lettre n'a pas paru dans la 2» (édition, c'est qiio l'auteur était à FloroniT lors «le ta publication de celle éililion. (yotc de lèfliUnr. )