‹ Chrétiens illustres au XIXe siècleChapitre 1 sur 44 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

// est beau, il est souverainement consolant de voir, depuis bientôt dix-neuf siècles écoulés ^ que les plus fermes esprits, les génies les plus puissants se s inclinés avec respect et amour devant c<<n<> religion divine que Jésus-Christ est venu révéler au monde,

II est beau d'évoquer cette grande lignée de poètes, d'orateurs, d'écrivains, d'artistes, de philosophes, d'hommes de guerre, de princes, de pontifes et de saints qui, à toutes les heures de l'histoire et dans toutes les générations, ont rendu à la Vérité un éloquent et perpétuel témoignage.

Ces hommes forment vraiment l'élite de l'humanité. On fatiguerait le lecteur si l'on voulait dérouler ici cette liste magnifique des grands cœurs, des grands esprits, des grands génies du Christianisme. Il faudrait repasser Vhistoire entière, et allant de saint Augustin à Boèce, de saint Thomas d'Aquin au Dante, de Charlemagne à saint Louis, du Camoëns à Raphaël, de Bayard à Tarenne, de Pascal à Bossuet, de Corneille à Chateaubriand, de Mozart à Gounod, de saint Vincent de Paul à Lacordaire, reconstituer toutes les étapes et toutes les gloires des soixante et quelques générations passées.

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Nous préférons nous en tenir à ce siècle^ qu'on a

<//>/,<'/,'• /<> siècle des lumières, et n'interroger que les hommes qui ont brillé , à des titres divers, d<< ,/<>/,-<• temps. Leur témoignage* pour être plus actuel, n'en sera ni moins solennel, m moins concluant. Or, n'est-ce ims un consolant et fortifiant spectacle de constater que presque aucun de ces puissants esprits gui ont marqué leurs traces dans le dix-neuvième siècle n'a passé au milieu de nous sans rendre, soit dans sa me, soit dans sa mort, au Christ Sauveur et à sa religion sublime, le culte public de sa foi et de ses Jt mables adorations.

L'exemple est une leçon puissante, et il est bon de la présenter aux jeunes gens, qui entrent à peine dans la vie sociale, aux hommes distraits de ces hautes questions religieuses par les préoccupatioyis des affaires et le bruit, parfois les clameurs d'une certaine presse, qui voudrait faire et représenter l'opinion, en essayant de prouver que la raison et la science ont besoin de se séparer de la foi pour conserver leurs droits et leur fécondité.

La raison séparée de la foi ! Trop souvent nous l'avons vue à l'œuvre, et elle montre bien ce dont elle est capable : faire des orgueilleux et des révoltés. Elle offre le perpétuel contraste de son orgueil et de ses faiblesses, de ses audaces et de ses impuissances. U erreur en erreur, elle nous ramènerait, si seule elle gouvernait la société, à la licence la plus honteuse et à une barbarie plus ou moins savante.

Quand, se livrant à l'étude des forces de la nature, la science reste dans la tradition des grands savants

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chrétiens dont les siècles passés ont consacré la gloi\ quand la recherche des secrète de la matière ne la détourne pas de la lumière surnaturelle; quand, en découvrant quelques-unes des lois qui régissent le monde physique^ elle reconnaît celles qui régissent le monde moral et s'incline devant le Créateur et VOrdon nateur de ces harmonies, c'est la vraie science, la science vaste et féconde, la science qui ouvre des horizons à Vesprit humain et ne creuse pas des abîn Elle remplit merveilleusement son rôle en favorisant le mouvement de Vhumanitè vers Dieu.

Mais la science séparée de son principe, la science athée et matérialiste, la science qui ne voudrait pas croire en Dieu parce qu'elle ne Va pas touché comme un organe matériel, cette science est fausse, mutilée et incomplète ; le coup d'aile lui manque pour s'élever et porter les esprits vers Dieu.

La séparation de la science et de la foi, tel est le but vers lequel tendent les savants incomplets ; V accord de la raison et de la foi, voilà oà tendent les penseurs chrétiens. Grâce à Dieu, dans notre siècle si sensuel et si matérialiste par tant de côtés , nombreux encore sont les savants qui se font gloire de rechercher dans les vérités de la foi un point dJ appui pour leurs élans, un point de repère dans leurs recherches et leurs travaux, une barrière contre la fougue de la raison. Aussi bien, sommes- nous heureux et fiers de nous retrouver dans la société des esprits vraiment intelligents de cette fin de siècle, de les montrer au monde chrétien et de marcher en leur société vers les destinées éternelles.

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