‹ Christiane comedie en quatre actes, en proseChapitre 101 sur 128 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

ROBERT

Ah!

BRIAC

Voilà tout.

ROBERT

On t’a dit cela?

BRIAC

J’ai rencontré Maubray.

ROBERT

Il n’était pas inquiet?

BRIAC

Inquiet? non, certes... mais une jeune fille n’apprend pas qu’on la marie sans un peu de trouble.

M. Achille de Beaubrland épouse mademoiselle Christiane Maubray I — On m’a fait part de ce mariage, et je n’ai rien dit,- je ne pouvais rien dire. — Cela ne me regarde pas.

BRIAC

Non, cela ne te regarde pas, non.

ROBERT

Il faut à ce Maubray l’appui d’un ministre, et il donne sa fille à Achille de Beaubriand.

BRIAC

Ce n’est pas cela, je connais ses motifs.

ROBERT

Beaubriand I l’arlequin du baron de Folny ! le protecteur ridicule de Clorinde ! l’ami grotesque d’Anatole!

BRIAC

Grotesque, si tu veux ; mais toutes les mères en raffolent, et madame de JubJains, ta cousine, elle-même...

ROBERT) sans l'écouter.

On ne demande pas à cette enfant si elle a fait un choix, on la marie comme on a marié sa mère. Et pourtant ce devrait être un bien grand bonheur pour un père de chercher les confidences de sa fille, de lire dans ses yeux la pureté d’un amour qui se trahit, d’attirer sur ses lèvres le nom qu’elle n’ose prononcer, et de lui dire : Je te le donne! — et d’être ému de son émotion, d’être joyeux de

sa joiel fll ta s’asseoir è droite de la chemioée.)

BRI AC

Cela ne se passe pas ainsi dans la réalité; il y a les convenances, les considérations et le reste. On n’est pas sur terre pour vivre heureux; on y est pour vivre en société, — ce qui est déjà assez difficile.

ROBERT

Tu cherches à dissimuler, tu n’as pas le courage de ce que tu penses; on supposerait que tu approuves ce mariage.

BRIAG.

Je n’approuve ni ne désapprouve, je n’y peux rien.

ROBERT

Cependant elle aime Henry de Kerhuon.

BRIAC

C’est un malheur de plus.

ROBERT

Oui, un malheur de plus. Le marquis m’a demandé hier ce qu’il fallait penser du banquier Maubray.

BRIAC

Qu’as-tu répondu?

ROBERT

J’ai menti.

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