‹ Christiane comedie en quatre actes, en proseChapitre 18 sur 128 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE DOCTECR.

Par un long séjour dans les pays chauds, par les agitations d’une vie accidentée.

ROBERT

Permets.

LE DOCTEUR

C’est toi ?

C’est lui.

Eh bien, mon bon Robert, je venais sonder tes intentions et me renseigner sur ta santé.

ROBERT, riant.

Pour le compte de mes héritiers?

LE DOCTEUR

Pour le compte de M. de Beaubriand père, qui désire marier son fils, le jeune Achille de Beaubriand, avec mademoiselle de Jublains,ta nièce.

ROBERT

En quoi cela me regarde-t-il?

LE DOCTEUR

Comment, en quoi ? Tu es compté dans la dot : trois cent mille francs et des espérances, un oncle immensément riche.

ROBERT

Ah!

LE DOCTEUR

Csé par les voyages, par un long séjour...

ROBERT

Va, va.

Un oncle enfin dans la bonne acception du mot.

ROBERT

A merveille.

B R I A G , à Robert.

Que te disais-je? Tu n’as qu’un parti à prendre, te marier le plus vite possible.

ROBERT

Je ne me marierai jamais.

LE DOCTEÜR.

Jamais, on nous Ta promis. Est-ce que tu comptes devenir vieux?

ROBERT

Tu as toujours été railleur, mon bon Solem.

LE DOCTEUR

Je ne raille pas; je remplis ma mission. 11 s’agit de savoir si M. de Beaubriand fils épousera ta nièce.

ROBERT

Je n'y vois aucun obstacle.

LE DOCTEUR, se récriant.

Aucun obstacle ! Mademoiselle Adrienïie est jolie, gracieuse, bonne, spirituelle...

ROBERT

Eh 1 mais, c’est de l’enthousiasme.

LE DOCTEUR

Adorable. — Tandis que le jeune Achille... Mais je suis chargé de faire son éloge.

ROBERT

Ne te gène pas.

BRI AC

11 est fils de ministre.

LE DOCTEUR

Voilà. Le père est un homme à ménager.

ROBERT

11 me semblait, docteur, qu’autrefois tu ne ménageais rien.

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