Chrialiane, Adrienne, le docteur
y CHRISTIASE.
C’est vrai.
LE DOCTEUR
Eh bien, pour les égoïstes, — qui sont des gens d’esprit, remarquez cela, et qui vivent très-vieux— il n’y a au monde que des indifférents. Prenez un juste milieu.
CHRISTIANE, à Adrient.e.
Me le conseilles-tu?
ADR lENNE.
Oh ! non, je t’aime mieux comme tu es.
LE DOCTEUR
Moi aussi, parbleu!
ADRIENNE
Quoi! vraiment, tous les gens d’esprit sont égoïstes?
LE DOCTEUR
Je ne dis pas cela. Je crois seulement que tous les égoïstes sont gens d’esprit.
ADRIENNE
A la bonne heure.- Vous ne me disiez pas, docteur, que vous êtes Tami de mon oncle.
LE DOCTEUR
Son ami intime.
Étaitnil gai autrefois î
LE DOCTEUR
Follement gai ou absolument triste.
ADRIENNE, i CbristiiDP.
Comme toi.
LE DOCTEUR
Extrême en tout.
ACTF. DEUXIÈME.
ADRIEXNE.
Alors, je^ m’explique pourquoi il m’adore depuis hier, c’est parce que, avant, il me détestait.
LE DOCTEUR, Bourinnt.
Vous, mademoiselle?
ADR I E N NE
Oh! aujourd’hui il est transformé. Son bal l’enchante; rien n’est assez beau, rien n’est assez brillant, rien n’est assez cher. Et il est gai, et il est bon, et il est distrait, et il m’embrasse! Oh! il m’aime beaucoup. Mais avant il me détestait, je l’ai compris, je l’ai vu, je le sais.
Une jeune fille de vingt ans ne sait jamais ce que pense un homme de quarante.
ADRIENNE
Pourquoi donc?
LE DOCTEUR, en saluant pour prendre congé.
Parce que c’est l’âge où nous devenons timides.
Ah!
ADRIENNE
LE DOCTEUR
Mesdemoiselles, (n sort.)