‹ Christiane comedie en quatre actes, en proseChapitre 44 sur 128 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

monde. 11 me paraissait si bon, si loyal, si sincère, que j’avais un grand plaisir à. l’entendre.

ADRIEN NE

Et il avait une grande joie à t’écouter ?

Oui, je sens si bien quand on a de l’affection pour mol ! Il est parti quelques jours avant nous, et quand il m’a fait ses adieux, il a vu que je pleurais.

AÜRIENNE.

Ah!

Lui aussi, il pleurait.

A D RI E N N E

Alors...

Il m’a dit qu’il n’aurait pas d’autre femme que moi ; je lui ai répondu que je ne serais pas à un autre.

ADR I E N N E

Et vous avez organisé cela ainsi, tous les deux?

Bien simplement, comme tu vois; mais je suis sûre de lui comme il est sûr de moi.

A D R I E N N E , gniement.

Marquise de Kerhuon, comme cela t’ira bien !

C’est un beau nom; mais je suis noble aussi, par ma mère.

AD R I E N N E

Quand demandera-t-il ta main ?

Aujourd’hui, demain peut-être. 11 devait attendre mon retour. — Je voudrais bien être jolie ce soir.

ClIRlSTIANli.

AORtK.NKE.

üli! pour cela le plus fort est fait. Tu te mets en blanc? fne robe de tulle, n’est-ce pas?

Sans garniture, sans bijoux, tout à fait simple.

Pour faire oublier ta fortune. Tu ne tiens pas à tes mérites.

Et pourtant, c’est quelquefois bien bon de se sentir riche.

ADRIEN NE

Cela dépend.

CHRISTIANE, souriant.

Tu as peur d’enrichir ton mari ?

J’ai peur qu’il n’ose pas se présenter.

Tu aimes quelqu’un?

AD RI ENN E

Je le crois.

Et tu ne me le dis pas ?

AD RI EN NE

C’est que ce n’est pas un roman; je suis très-sérieuse, moi, malgré mon air gai.

Je sais ; je sais que tu voudrais être fière de ton mari.

AD RI EN NE

Je veux qu'il ait une supériorité quelconque , qu’il soit spirituel, un peu original, déjà célèbre, ce qui l’obligerait à avoir plus de vingt ans.

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