ACTE DEUXIÈxME
du banquier, dont je me moque, possède en propre un million comptant et liquide venant de sa mère. Papa n’en demande pas davantage. Il prend sa canne et son chapeau et va traiter la question avec M. Maubray. Vous connaissez papa, il est très-fort; le banquier ne l’est pas moins. On avait beaucoup de prétentions de part et d’autre. Maubray veut être député; nous en ferons un candidat officiel, c’est la moindre des choses. Il voudra être ministre; nous verrons plus tard. On a dû me reprocher Aspasie; on a parlé de mes dettes, c’était le point délicat. Bref, on se fait des concessions réciproques et l’affaire est décidée, (se levant.) Seulement...
LE DOCTEUR, s’approchant.
Seulement ?
ACHILLE
Seulement je beau-père demande à me voir. Moi , je demande à le voir aussi. J’ai mes petites conditions à lui faire. La conversation sera vive et animée, j’en ai peur. Bah ! ce bon Maubray doit avoir les idées larges.
LE DOCTEUR
Comme ses poches.
ACHILLE
N’est-ce pas ? — Et elles sont grandes.
LE DOCTEUR
Mais a-t-on consulté mademoiselle Christiane?
ACHILLE
Elle ne doit pas avoir de voloilté, — c’est une jeune fuie honnête. — A propos, docteur, vous savez qu’on n’en parle pas encore.
MAUBRAY, entrant à droite, & Achille.
Je vous demande pardon, monsieur. J’ai été forcé de sortir un instant pour une affaire importante, et je vous sais gré, docteur, d’avoir bien voulu me remplacer auprès de M. de Beaubriand.
LE DOCTEUR, 5 Xaubray.
Merci encore, monsieur. J’ai hâte d’aller faire un heureux. (Il sort. Achille et Haubray se regardent un instant. Puis Haubray va chercher une chaise qu'il place au milieu du salon. Il fait signe & Beaubriand, qui vient s'y asseoir en saluant, et il s'assied lui-méme, & droite, pn'‘S de la table.)