ACTE TROISIÈME
AD RIE N NE
M. de Beaubriand renonce à moi? Oh! qu'il est aimable! Vous lui avez prouvé, n’est-ce pas, qu’’on aurait bien tort de m’épouser?
LE DOCTEUR
Je n’al pas dit cela.
ADRIENNE
Il ne me trouve pas assez riche. Il a raison. On s’exagère beaucoup ma fortune, (a ce moment, In baronne, qui traversait la galerie au bras de Robert, le quitte et vient à sa &Ue.)
LA BARONNE
Vous parliez de fortune?
ADRIENNE
Oui, oui... de la fortune... de mon oncle.
LA BARONNE, s’emparant du docteur.
Colossale, docteur, colossale. La terre de Noja, chiteau, parc, prairies, douze fermes de rapport. Deux cents hectares de bois, trois cours d’eau, cinq étangs, très-belles chasses. Cet hôtel payé douze cent mille francs. Deux cents obligations d’Orléans, cent cinquante du Nord, cent vingt de l’Ouest, cinquante mille livres de rente trois pour cent, un million déposé à la Banque. De plus, je donne trois cent mille francs de dot à Adrienne.
LE DOCTEUR, souriant.
Me demandez-vous le secret?
Non, non, docteur.
ADRIENNE, oUiraut sa mfrre à part.
Ma mère!
LA BARONNE, allant à sa Bile et revenant vivement.
Ah! j’oubliais deux cents Canal-Cavour et trois cents Pampelune.
ADRIENNE. ’
Ma mère, vous n’aurez plus à parler de ma dot. Je ne veux pas me marier.
LA BARONNE
Hein?
ADRIENNE
Je veux rester fille. (Eiie son pnr u g«uche.)
LA BARO.VNE, interdite.
Rester fille!... Rester fille!
l’ H ü I s s I E R , annonçant.
Madame et mesdemoiselles de Messac. (Après un moment d’hè-
sitation, la baronne revient au docteur.)