Briac, la baronne, Adrienne
BRIAC
Oui, madame. II m’a fait nommer consul du Haut-Pérou pour me forcer à lui écrire.
LA BARONNE
Asseyez-vous donc. Que je suis heureuse de pouvoir causer à cœur ouvert de ce cher cousin avec un de ses amis! (iis s’assoient.) Je suis si touchée de l’affection que Robert nous témoigne! Je sais bien que nous sommes ses seules parentes, mais il est admirable. Il a voulu, absolument voulu donner un bal, dont nous ferons les honneurs, ma fille et moi. Quelle attention délicate ! Vous avez eu votre lettre d’invitation, n’est-ce pas ?
BRIAC
Non, madame.
LA BARONNE
Vous ne l’a,vez pas reçue ?
BRIAC
Non. Mais je n’en suis pas surpris ; j’ai un domestique qui ne me remet aucune invitation. 11 n’aime pas le monde.
LA BARONNE, souriaat.
Ah ! je m’applaudis, alors, de vous en avoir parlé.
ADRIENNE
C’est demain, monsieur de Briac, et puisque vous n’êtes pas encore parti pour les Pyrénées...
BRIAC
Je ne pars plus, mademoiselle. ^
ADRIENNE
Plus du tout? Vous manquerez donc à votre parole? Vous aviez si bien promis à Christiane d’aller lui rendre une visite à Amélie-les-Bains.
BRIAC
Je serais parti ce soir. Mais mademoiselle Maubray est revenue hier.