SCÈNE VIII
Les Mêmes, L.\ BARONNE, ADRIENNE, MAUBRAY, CHRISTIANE..
LA BARONNE, entrant, A Adrienne.
Il me semblait que nous n’avions pas invité la famille Maubray.
ADRIENNE
Si, ma mère.
ROBERT, à Briac.
Elle vient à nous, elle vient à nous. (Uaubray entre par la porte du vestibule. — Il passe, avec sa fille à son bras, devant les jeunes gens qui le saluent, va droit à Robert et s’arrête en face de lui.)
MAUBRAY
Monsieur de Noja, voulez-vous me permettre de vous présenter ma fille ?
ADRIENNE, & Christiane,
On danse déjà.
Oh ! ce n’est pas moi qu’il faut gronder, si nous sommes en retard ; c’est mon père.
LA BARONNE
Vous me confiez Christiane, n’est-ce pas? Je lui ai réservé une place à côté de mesdemoiselles de Messac. Je veillerai sur elle comme sur Adrienne.
MAÜBRAY.
Je vous en remercie, madame, j’e n’ai aucune inquiétude.
(Christiane quitte son bras; il se rapproche de Robert. ) NoUS nOUS étions
déjà VUS, monsieur le comte, il y a bien longtemps; vous l’avez sans doute oublié.
ROBERT, contenant son émotion.
Non, monsieur, je n«t l’ai pas oublié.
LA BARONNE
Vous trouverez des tables de whist, monsieur Maubray.
M AUBR AY.
Vous connaissez mes faiblesses, (au docteur qui s'avance pour le
saluer.) Jouez-vous au whlst, docteur?
LE DOCTEUR
Jouer contre un des favoris de la fortune 1 ce serait de l’audace.
MAUBRAY
La fortune est femme : elle aime les audacieux.
LE DOCTEUR
Qui ne la respectent pas? J’essayerai, (iis passent devant
Robert et sortent lentement par le fond.)
B R I AC , & part.
Je n’ai plus une goutte de sang dans les veines. (Christiane
s'est assise avec Adrienne sur le canapé & droite. Elle est entourée des jeunes gens qui s’inscrivent pour danser. — la baronne, debout prés de la borne, les regarde. )
ACHILLE, à Christiane.
Mademoiselle, permettez -moi de m’inscrire pour le prochain quadrille, (présentant ses amis.) Anatole de Ferruzac, un de mes bons amis ; Gérard de Cavan, un de mes bons amis ; Enguerrand de Grandlucé, un de mes bons amis.
LA BARONNE
. Comme on l’entoure ! — Monsieur de Cavan, voulez-vous me conduire à madame votre mère, que je n’ai pas encore saluée ?
CAVAN, lui offrant son bras. ^
Très-volontiers, madame.
LA BARONNE
Vous allez danser, Adrienne?
AD RIE N NE, sortant du jp-oupe.
Oui, ma mère; mais mon danseur est là, c’est M. de
BriaC. (La baronne sort par le fond.)
CHRISTIANE, toujours assise.
M. de Grandlucé^ le neuvième quadrille. (Riant.) Je vais m’j' perdre.
' ACHILLE
Grandlucé est favori. J’intercède pour Anatole.
Messieurs, je crois qu'on joue la ritournelle, n’oubliez pas vos danseuses.
ACHILLE
Mille grâces, mademoiselle, (lls sortent tous par le fond comme une volée d’oiseaux.)
ADRIENNE, riant.
Je t’en débarrasse.
Merci.
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