‹ Christiane comedie en quatre actes, en proseChapitre 95 sur 128 · ROBERT, MAUBRAY · texte numérisé non relu

ROBERT, MAUBRAY

MAUBRAY, au fond, entrant en scène.

Voilà une fête, monsieur le comte, qui fera sensation. Vous avez conquis, en une nuit, cette célébrité si chère aux Parisiens.

ROBERT

Ce n’est pas ce que je cherchais.

MAUBRAY, descendant à droite.

Ah ! Alors, vous aimez le monde pour lui-même. C’est rare aujourd’huL Mais vous êtes resté jeune, vous, tandis que moi, j’ai beaucoup vieilli. On voit bien que vous avez été toujours heureux, tout vous a souri ; vous n’avez pas eu les soucis de la fortune, les joies anxieuses de la famille, les douleurs et les revers; (se rapprochant de Robert.) vous êtes seul.

Oui, monsieur, je suis seul.

M AÜBRAY*.

Moi, j’ai une fille.

ROBERT

Et vous devez être heureux ce soir du succès qu’elle obtient. Tout le monde l’admire. Je ne dis pas seulement ses amis, mais des étrangers. Ici même, à l’instant, le marquis de Kerhuon me parlait d’elle.

MAüBRAY.

De Christiane ?

ROBERT

Son fils a rencontré mademoiselle Christiane aux Pyrénées, je crois, et ce souvenir ne s’est pas effacé. Vous connaissez, de réputation au moins, le marquis de Kerhuon. Eh bien, le fils \qtut le père.

M AUBRAT.

Est-ce qu’on vous a chargé de demander la main de ma fille?

ROBERT

Non, monsieur, non; j.e vous raconte ce qu’on me dit, un peu étourdiment peut-être. Il me semblait que cela devait flatter un père.

M ADBRAY.

Vous savez, comme moi, que ce mariage serait impossible.

ROBERT

Impossible !

MAÜBRAY.

Le fils du marquis de Kerhuon ne peut pas épouser la fille du banquier Maubray.

ROBERT

Le marquis de Kerhuon n’a pas les préjugés que vous lui attribuez. Il lui suffit que le beau-père de son fils soit un honnête homme.

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