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Christophe Colomb devant les taureaux

Ce nouveau livre qui serait mon dernier soupir littéraire^ si le vœu d'un asse-{ grand nombre de mes contemporains était exaucé^ s'annonça, dès Fincubation, comme devant procurer à son auteur Venviable réconfort du plus parfait insuccès.

Il suffit, pour s'en convaincrCy de considèrer que j' apporte une œuvre qui sera généralement estimée^ — par les connaisseurs — à légal d'une assommante réitération du Révélateur du Globe, tombé, depuis six ans, dans le plus honorable oubli.

Il NOTIFICATION PRKALAnLF.

Ce pauvre Rcvclateur était la première publication d'un inconnu dénué d'opulence^ orphelin de tout protecteur (i'Ex Bas' e/, par conséquent^ inapte à fomenter l'enthousiasme des journaux.

D'autre part, on j^ parlait de Dieu et de r Eglise catholique, sans aucune des précautions cafardes et judaïques indispensables, parait-il, à l intromissioji de la Vérité dans les cerveaux équilibrés que Pilate synthétise.

On y parlait môme, à toute page, d'un homme très grand, mort depuis quatre siècles, que le monde prétend honorer asse:{ du suffrage de quelques-uns de ses dictionnaires et pour lequel on demandait ridiculement l'apothéose intolérable d'une Béatification f...

Cet initial bateau de papier s'en alla donc à la dérive, silencieux et inaperçu au milieu des pontons immobiles et des lourds chalands pavoises, jusqu'au plus prochain tourbillon où il s'engouffra, « sans faire plus de bruit

1 Voir appendice A.

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