SUPÉRIORITÉ DE LA FAMILLE DE COLOMR
célébra ses obsèques avec une telle pompe, qu’il fut ensuite impossible de la surpasser pour les princes, et même lors du service funebre de l’impératrice 1 .
Ainsi disparut, à son tour, le dernier membre de la
famille de Colomb, qui eût eu le bonheur d’aimer et de servir le Révélateur du Globe.
En rapprochant de la vie si pure de don Fernando Coomb, la carrière de son frère aîné, le second Amiral es ndes, incessamment traversée; en se rappelant leurs deux oncles, don Barthélemy et don Diego, fidèles auxiliaires du Héraut de la Croix ; en voyant que chacun de ces hommes déjà grand par lui-même, grandi encore par les revers, conserve une individualité remarquable, nonobstant l’éblouissant voisinage de l’inventeur du Nouveau Monde, et présente l’exemple des plus hautes vertus aussi bien que le modèle des plus humbles devoirs, on éprouve une surprise édifiante. Car vainement chercherait-on ailleurs; 1 histoire ne montre pas deux fois un tel patrimoine de vertu aussi fidèlement gardé qu’heureusement transmis. Quiconque observe avec attention, ne demeurera pas moins frappé du privilège de supériorité morale accorde a cette famille, que du caractère clairement providenüel de Christophe Colomb. Véritablement une bénédiction du Ciel semble descendue sur la noble souche de mmble ouvrier génois. L’héroïsme de sa race éclipse les vertus humaines. Sa génération offre, autour d’un mnacle de sublimité, des phénomènes constants de gran-
« ... tue tan devota y solemne que por ningun principe ni por la mperatriz nuestra senora, se dijo ni liizo mas. » — Declaraciones de' testament o de O. llernando Colon que hizo su albacea y amtgo et li-
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deur. Christophe Colomb, ce glorieux météore, en s’éteignant laisse après lui, pour trace lumineuse, l’exemple de ses frères, l’excellence de ses tïls. Quand on essaie de pénétrer par l’intuition au delà des apparences, afin de saisir à son origine le prodige de cette sorte de prédestination, le doute bientôt se dissipe. 11 faut abaisser son orgueil et révérer avec une admiration soumise. On croit voir la source de ces faveurs mystérieuses remonter jusqu’à l’obscurité de la ruelle Mulcento, comme pour recompenser par ses enfants la foi du Juste qui servit Dieu, de tout son cœur, dans le travail et la pauvreté. H evient impossible, en contemplant le tableau de cette iami le chrétienne dans ses trois générations, de ne pas se sentir ému comme à l’aspect de la Sainteté ; et de ne pas reconnaître, au milieu de ces merveilles de la Grâce, accomplissement de l’éternelle parole des Livres saints : la postérité des Justes sera bénie, generaiio rectorum benedicelur.
Après trois siècles d’indifférence, l’homme qui, durant le cours de sa vie, n’eut pour amis fidèles que deux moines compte maintenant dans tous les États catholiques quelques sympathies empressées. Ainsi qu’une mère ne se trompe guère sur son enfant, reconnaît ses qualités, l’apprecie au juste, et lui garde une place dans son cœur alors même que tous l’abandonnent, la Papauté a conservé une tendre sollicitude pour la gloire de son fils Christophe Colomb. Le Saint-Siège, imité par le Cardinalat romain, a seul empêché que l’Italie elle-même oubliât l’honneur d’avoir donné naissance à ce Héros de l’Évangile.
Aujourd’hui, en terminant cette biographie si restreinte
il nous paraît préférable d’inscrire ici , au lieu d’une épitaphe à Colomb, le nom de ses principaux admirateurs nobles esprits qu’une affection généreuse lui rattache en’ core nonobstant la distance trois fois séculaire des années.