LE PAPE ALEXANDRE VI
Il eut pour successeur Alexandre YI, assurément l’un des papes les moins dignes que mentionne l’histoire, mais dont, il faut le dire, la calomnie, l’esprit de parti ont violemment exagéré les torts , surtout en confondant la vie privée de l’ancien militaire avec l’existence officielle et régulière qu’il mena depuis son élection à la tiare. Toutefois , tel qu’il était, avec ses qualités et ses défauts , alors communs à la plupart des grands seigneurs de son époque, tant qu’il agit en qualité d’héritier de la primauté de Pierre, il ne commit ni erreur, ni faiblesse^ aucun de ses actes n’est défectueux. Comme l’a remarqué de Maistre, son Bullaire est irréprochable. Et par cela que le legs de la puissance spirituelle, contre lequel les portes de l’enfer ne prévaudront pas, semble garanti par la Providence envers les erreurs de la faiblesse humaine, ce fut ce Pontife qui, à raison même de son infirmité, fit mieux resplendir la force indéfectible du Siège des Apôtres.
Suivant le conseil de Christophe Colomb, les Rois Catholiques avaient supplié le Souverain Pontife de leur octroyer, par une Bulle, la donation des terres qu’ils avaient découvertes au couchant et de celles qu’ils espéraient découvrir encore.
Quelles que pussent être les dispositions personnelles d’Alexandre YI pour la cour d’Espagne, la demande ne pouvait être accordée immédiatement*, cette affaire exigeait la plus grande prudence. Déjà le Portugal avait obtenu un privilège pour ses découvertes a l’Orient. Il fallait éviter qu’une faveur actuellement consentie à l’Espagne n’occasionnât des conflits, sous les règnes ou dans les siècles suivants; et que l’œuvre de l’Apostolat n’amenât de sanglantes rivalités entre deux nations chrétiennes. Il était besoin d’assigner une limite entre les deux couronnes catholiques.