‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 204 sur 316 · BAPTÊME DES SEPT INDIENS · texte numérisé non relu

BAPTÊME DES SEPT INDIENS

Au moment dont il s’agit, ‘Jacques Colomb, âgé de vingt-six ans, travaillait comme ouvrier cardeur à Gênes. En recevant la lettre de son frère, il abandonna sans orgueil son métier, pour se trouver au bout de quelques semaines : Aide de camp de l’Amiral de l’Océan, puis administrateur et gou\erneur général par intérim. Avec cette facilité ou plutôt ces grâces que répandait la Providence sur la postérité du vieux cardeur, en quittant sa boutique pour se mêler aux grandeurs et aux illustrations de l’Espagne, le modeste Jacques Colomb, désormais appelé don Diego, ne parut nullement déplacé. 11 fut mis tout de suite en évidence à côté du Vice-Roi des Indes, comme le prouve une circonstance historique.

Les sept Indiens amenés par Colomb à Barcelone avaient appris de lui les principes du christianisme. 11 leur avait inspiré la foi. Ils demandèrent, d’eux-mêmes \ d’être admis au baptême, qu’on les jugea capables de recevoir. Une grande pompe solennisa ces prémices religieuses des Indes. Le Roi, l’infant don Juan, les premiers personnages de la cour furent les parrains des catéchumènes^ Don Diego Colomh se trouva l’un des sept parrains. Il eut, après le Roi et l’Infant, l’une des cinq premières places de la cour, à cette cérémonie. Quant à Christophe Colomb, étant comme le père de tous les Indiens, il ne fut parrain d’aucun d’eux- car dans l’Eglise catholique le père ne peut servir de parrain à son fils. La faveur accordée à don Diego Colomb, à l’occasion de ce baptême, montre quelle souveraine influence exerçait alors l’Amiral sur la cour et sur l’opinion.

Saonæ in banco mei notari înfrascripti, sito in platea palacii caussarum, etc. Ansaldo Basso.

* Herrera, Hist. des Indes occid., décade liv. II, chap. v.

CriAPITRE XII.

PrVatifs pour une sccon<lc expédition. — Organisation du premier hurcau des colonies. — Nomination d’un vicaire apostolique aeeompagné de douze missionnaires. Le Père Juan Pciez de Marcliena, iioinnié spoiitaiiénicnt par la Reine astronome de l’expédition, s’embarque avec son ami sur le navire amiral.

Quel homme, après avoir si longtemps enduré les airs de protection ou de pitié de ceux qui l’avaient vu patienter 3n vain dans les antichambres, se trouvant tout d’un coup, i son tour, recherché , sollicité des grands, n’aurait pas oui de son triomphe et savouré cette revanche sur la forune .P Pourtant l’histoire n’a pu surprendre en Colomb le noindre mouvement de faiblesse. Les écrivains sont unalimes à louer sa modestie, sa constante simplicité. Il ouhaitait pouvoir échapper là ces bruyantes louanges , à es réceptions d’apparat, pour s’en aller à Rome déposer ux pieds du Saint-Siège la relation de ses voyages , et mplorer des faveurs spirituelles. Mais le service” de la ouronne de Castille ne permettait pas cette absence. Le 01 Joain II de Portugal, mettant à profit le conseil de ses ourtisans, de devancer l’Espagne dans les nouvelles expéitions , s’y préparait clandestinement.

Aussitôt qu ils eurent reçu certains avis confidentiels Jr la cour de Lisbonne, laquelle entretenait de son côté es agents secrets en Espagne, qui l’informaient de ses

412 PRÉPARATIFS POUR UNE SECONDE EXPÉDITION, projets avant leur mise à jour, les Rois déployèrent une

grande activité. Un ecclésiastique mondain, don Juan de Fonseca, archidiacre de Séville, mais bureaucrate par instinct, frère d’hommes considérables, fort en crédit auprès du roi Ferdinand, qu’ils avaient assisté durant les guerres, fut chargé de pourvoir à l’armement de la flotte et d’assurer l’exécution des mesures déjà prescrites par Colomb lors de son passage à Séville. A côté de cet Ordonnateur Général de la marine , on créa une place de Contrôleur Général, à laquelle fut promu Juan de Soria, bureaucrate de race, dont la famille tenait héréditairement les comptes de l’Amirauté de Castille ; puis un emploi de Payeur, qui semblait destiné de droit à François Pinelo, membre de la municipalité de Séville, réputé pour sa probité, jouissant d’une haute estime, et qui avait fait prêter à la Reine cinq millions de maravédis pour cet armement. Cette modeste organisation de bureaux fut le premier germe de la puissante administration coloniale, qui devait devenir le Conseil royal des Indes.

En quelques semaines , un grand travail fut terminé. Dans la seule journée du 23 mai, les Rois revêtirent de leur signature dix-sept ordonnances, cédules et commandements relatifs à l’expédition. On ouvrit un crédit au service des courriers spéciaux de Séville à la cour, tant la correspondance devint active. On mit en adjudication la fourniture des vivres de bord et des munitions transportables. On assura le concours des autorités locales aux mesures arrêtées par l’Amiral, de concert avec don Juan de Fonseca. On organisa le service médical, en nommant médecin en chef de la flotte, le savant docteur Clianca, qui était médecin de l’Infante b On fit défense à tout na-

^ Caria memagera al doclor Chanca, para que vaya à las In^ (lias. — llegistrada en cl aicliiYü de Indias en Sevilla.

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