CARACTERE DE LA FAUSSE PAIX
jamais comment un tel motif a eu la force d'induire Votre Sainteté à une démarche aussi hasardée, aussi périlleuse, aussi préjudiciable. Certainement la paix qui n'a pu se concilier avec l'existence des Jésuites est celle que Jésus -Christ appelle insidieuse, feusse et trompeuse; en un mot, celle à qui Ton donne le nom de paix et qui ne Test pas : Pax, pax, et non erat paœ; cette paix qu'adoptent le vice et le libertinage, la reconnaissant pour leur mère ; qui ne s'allia jamais avec la vertu, qui, au contraire, fut toujours ennemie capitale de la piété. C'est exactement à cette paix que les Jésuites, dans les quatre parties du monde, ont constamment déclaré une guerre vive, animée, sanglante et poussée avec la dernière vigueur et le plus grand succès. C'est contre cette paix qu'ils ont dirigé leurs veilles, leur attention, leur vigilance, préférant des travaux pénibles à une molle et stérile oisiveté. C'est pour l'exterminer qu'ils ont sacrifié leurs talents, leurs peines, leur zèle, les ressources de l'éloquence, voulant lui fermer toutes les avenues par où elle tenterait de s'introduire et de porter le ravage dans le sein du christianisme, tenant les âmes sur leurs gardes pour les en affranchir; et lorsque, par malheur, cette fatale paix avait usurpé du terrain, et s'était emparée du cœur de quelques chrétiens, alors ils l'ailaient forcer dans ses derniers retranchements, ils l'en chassaient aux dépens de leurs sueurs, et ne craignaient point de braver les plus grands dangers, n'espérant d'autre récompense de leur zèle et de leurs saintes expéditions que la haine des libertins et la persécution des méchants.
« C'est de quoi l'on pourrait alléguer une infinité de preuves non moins éclatantes, dans une longue suite