‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 61 sur 348 · EXIL DE BEAUMONT A LA TRAPPE · texte numérisé non relu

EXIL DE BEAUMONT A LA TRAPPE

rentin chez l'archevêque, pour lui signifier d'avoir à se retirer de nouveau au château de La Roque , chez son frère, ou en tout autre lieu , à son choix , pourvu qu'il s'éloigne de Paris à la distance d'au moins quarante lieues. Beaumont parla d'abord de s'enfermer à l'abbaye de Septfonds, dans le Bourbonnais; puis il se décida pour la Trappe, autre abbaye de Cîteaux, située dans le Perche, au diocèse de Séez*. Avant son départ, il régla de nouveau toute chose avec un soin minutieux. L'évèque de Cydon fut nommé grand vicaire diocésain, avec im conseil composé de quatre chanoines de Notre-Dame et de quatre curés de Paris, qui devaient prendre leurs décisions à la pluralité des suffrages^. Un administrateur spécial restait chargé de recueillir les revenus de l'archevêque, pour en employer tout le produit au soulagement des pauvres.

Une députation des membres du chapitre part aussitôt pour Conflans afin d'exprimer la douleur qu'ils ressentent de tam tristi et peracerbo eventu. Le prélat, touché jusqu'aux larmes, ne put que remercier chacun d'eux avec effusion^. Le soir même, à six heures, était en route pour l'exil. Ce qui fournit matière à des rimeurs indigents pour le chansonner dans un couplet de ce goût :

1 Serait-ce à l'occasion de ce nouvel exil que Frédéric II, exprimant son estime pour le caractère de Beaumont, aurait dit le mot célèbre qu'on lui prête : € Que n'est-il venu dans mes États! J'aurais fait la moitié du chemin. »

' C'étaient les curés de Saint-Paul, de Saint-Laurent, de Saint-André des Arts et de Saint-Nicolas du Chardonnet. Beaumont les avait adjoints à Morin du Marais, Montagu de Beaune, du Pinet, et Robineau de Boisbassel, chanoines de Notre-Dame.

' € Singulis dominis cumulalissime gratiam retulit. » {Archiv. nation , LL, 335~.)

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