NOUVEAUX CONFESSEURS DE LA COUR
l'intermédiaire de Saint - Florentin , « reçu ordre de demander à se retirer * ».
Ils étaient partis, en effet, et des prêtres séculiers les remplaçaient dans leur ministère à la cour. Tandis que Marie Leckzyiska attendait de Pologne son nouveau confesseur, la dauphine confiait son âme et celle des princes ses fils à Tabbé Soldini, aumônier du grandcommun ; Tabbé Clément était chargé de la conscience de Mesdames Victoire et Sophie, et Ton parlait d'un chanoine de Chartres pour Madame Louise. Mais, comme l'intérêt principal de ces changements à vue portait sur le choix de l'homme que Louis XV allait appeler à prendre la succession du P. Desmarets, il ne manqua pas de gens € bien informés » pour prêter à Beaumont le projet de pousser à ce poste un des dignitaires du chapitre de Notre-Dame, l'abbé Thierry. On se trompait sans doute, mais nous allons voir que l'archevêque n'en eut pas moins lieu d'applaudir au choix du souverain.
Il y avait alors, à la cure de Brétigny ^, un prêtre de mérite, pieux autant que modeste, d'un abord facile et d'un commerce aimable. On l'appelait Louis-Nicolas Maudoux ^, et sa fidélité exemplaire à résider au milieu de ses paroissiens l'avait fait surnommer l'ermite de
^ « Le p. Desmarets, confesseur du roi, a (dit-on) 12,000 livres de pension ; le P. Groust, confesseur de la dauphine, et le P. Berthier, confesseur de la famille royale, 6,000 livres. Ils se retirent en Suisse. » {Journal encyclopédique, le' mars 1764, p. 175.)
' Brétigny, au département de Seine-et-Oise, est aujourd'hui une commune d'environ 1,000 habitants, de Tarrondissement de Gorbeil.
' Hardy nous apprend que Maudoux, prêtre de « très belle réputation », était Als d^un petit épicier du faubourg Saint-Antoine, lequel n'ayant pas réussi dans son commerce « fut aidé par les Jésuites de la maison professe ». Lui-môme avait été € petit sacristain » chez les Pères (Cf. mercredi 12 décem. bre 1764).