ANCIENNE MESURE DISCIPLINAIRE
purement extérieure, très légitime d'ailleurs, et jugée alors nécessaire pour couper à la racine le plus intolérable de tous les abus.
On peut parler ici, après Voltaire et vingt autres, d'intolérance, de fanatisme, d'inquisition au petit pied : on ne fera point que cette mesure disciplinaire ne soit amplement justifiée par les circonstances même où elle s'est produite. Il sera toujours regrettable sans doute qu'elle ait abouti en définitive à des résultats fâcheux, mais on aurait tort d'oublier que le mal a été rendu incurable par la seule immixtion du Parlement dans ces affaires de conscience, qui ne sont pas du domaine de la police publique.
Deux choses demeurent établies pour l'historien qui se préoccupe de remonter aux sources : ni l'archevêque de Paris ne fut proprement l'auteur de cette disposition, ni les Jésuites qu'on accuse ne l'inspirèrent ^ Sous Noailles, ils en avaient été les premières victimes ; sous Beaumont, ils ne firent qu'exécuter, en ce qui les concernait, la mesure que l'épiscopat venait d'enjoindre.
C'est chose assez piquante néanmoins de voîr retourner contre les jansénistes une arme que ceux-ci avaient autrefois aiguisée contre leurs adversaires. Le journal de Dorsanne, principal instigateur de la résistance du cardinal de Noailles à la bulle UnigeyiUas^ est vraiment curieux à consulter sur ces manœuvres, entre-
* Un écrivain moderne, qui a étudiô consciencieusement toul ce débat et qu'on ne taxera pas de partialité en faveur des Jésuites, leur rend ce témoignage : « Nous avons cherché, sans la trouver, la preuve de l'accusation portée contre eux, d'avoir provoqué la querelle des billots do confession. » (Histoire philosophique du règne de Louis XV, par le comte de Tocquevillc, t. II, p. 97.)