‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 151 sur 401 · DÉCLARATION DU ROI · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DU ROI

qu'une suite de celle du principal de Beauvais , affaire dont il s'était réservé la connaissance. Le roi, au surplus, désapprouvait d'une manière formelle l'emprisonnement du P. Bouettin , déclarant qu'il saurait pourvoir à maintenir « la tranquillité publique, le respect pour la religion et la subordination légitime due aux ministres de l'Église ^»

La rnercuriale était verte. Elle parut d'autant plus dure à subir qu'elle allait plus directement à rencontre des prétentions de la Grand'Chambre. Aussi le gazetier janséniste est-il forcé d'avouer que ces déclarations du roi répandirent dans l'assemblée une consternation universelle. Nous savons, d'autre part, que le public les accueillit^ au contraire, avec une faveur marquée, en signe de réparation , tant la sévérité du Parlement à l'égard du curé de Saint-Étienne semblait excessive. Inutile de dire que la magistrature fut chansonnée à outrance, dans le goût de l'époque, pour avoir couru d'elle-même au-devant des verges qui la châtiaient^.

Dans l'intervalle , le lieutenant civil , qui ne cessait d'aller du malade à l'archevêque et de l'archevêque au malade, finit par convaincre ce dernier que l'unique moyen d'obtenir les sacrements était de se procurer le billet de confession exigé. Ce fut alors que Goffln appela

i Nouvelles de 1751, p. 60.

^ Bappelons ce couplet, sur uq air conuu : Vlà & que c'est que d'aller au

bois.

Le parlement en tient, ma foi , Vlà c' que c'est que d'aller au roi.

Il croyait user de ses droits ; Un moine raisonne.

Vite il l'emprisonne.

£t puis il reçoit sur les doigts...

Vlà c' que c'est que d'aller au roi.

(Argenson, t. VI, p. ^23.)^

176 CONCLUSION DE l'aFFAIRE.

le digne curé de Saint-Paul, Pierre Guéret, à qui Mgr de Beaumont avait fait savoir, de son côté, qu'il agréerait cet acte de charité devenu un acte de justice. Le moribond se confessa et, dans la soirée du même jour, l'abbé Meurizet, vicaire de semaine à la paroisse, lui admi^ nistra le saint Viatique. Ainsi se terminait, de la façon la plus régulière et la plus simple, un scandale qu'on aurait pu éviter à si peu de frais, en conseillant à Coffîn le Jeune de se soumettre à son évêque.

Quant au P. Bouettin, ce prêtre fidèle que les historiens nous dépeignent à Tenvi comme un inquisiteur farouche, quand ils n'en font point un cerveau brûlé, il s'était empressé de rendre visite au mourant réconcilié, et pour attester que son cœur ne gardait aucun ressentiment de certaines injures, il l'avait embrassé avec une affection toute chrétienne. Peu de jours après, le 10 janvier 1751 , il présidait encore à ses obsèques et répandait sur sa tombe les dernières prières de l'Église.

Mais d'autres hommes semblaient se plaire à entretenir des rancunes plus vivaces. Revenus de l'étourdissement que leur avait causé le coup de massue du 1" janvier, les conseillers de la Grand'Chambre , toujours persuadés qu'il leur appartenait de régler Vextèrieur des sacrements, avaient résolu de faire des remontrances sur la réponse énergique du roi. Elles furent, en effet, présentées à Louis XV dans la journée du 4 mars. C'était le droit de la magistrature, peut-être, mais ce prince avait sûrement le devoir de ne point souffrir qu'on les publiât, contrairement à la coutume, dans l'unique but de monter l'opinion pour s'en faire un appui.

Singulière destinée de ces parlements, à qui la na-

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