‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 159 sur 401 · CHARITE DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

CHARITE DE BEAUMONT

nions particulières que les administrateurs multipliaient à la Pitié ^ comme pour mieux attester aux créanciers de ses clients qu'il faisait de la question .des pauvres sa question personnelle.

Lourd fardeau, pourtant, que celui de sa charité ! car il n'y avait pas moins de douze mille bouches à nourrir dans les huit maisons du grand Hôpital, sans parler de six mille enfants qui réclamaient une mère et du lait. Mais, au témoignage d'un contemporain bien informé, rien ne coûtait à Beaumont, quand besoin était de se mettre en avant pour l'intérêt de ses chers hospices : veilles, courses fréquentes, détails infinis, forts emprunts dont il se porte caution, son zèle pourvoit à tout, son cœur suffit à tout ^.

Persuadé, en outre, que maint désordre dans tes mœurs provient d'une oisiveté malsaine, il s'était empressé de faire rétablir, à ses frais, les manufactures que la misère tenait depuis longtemps arrêtées. Ses succès en ce genre tiennent du prodige, car, après quelques mois, quarante-cinq métiers avaient déjà repris, et plus de deux mille indigents, restés sans ouvrage, étaient utilement employés à la confection des draps et des serges pour la troupe.

Le charitable prélat ne négligeait pas d'ailleurs les autres genres de ressources auxquels pouvaient avoir droit ses protégés. Malgré les premiers gentilshommes de la cour qui cherchaient de leur côté à subvenir aux dettes de la Comédie et de l'Opéra, il ne se donna point

^ L'Hôpital général élaît alors composé de huit maisons : la Salpôtrière^ la Pitié, Bicétre, le Saiut-Esprit , les Enfants-Rouges, Scipion, les Enfants- Trouvés de la rue Notre-Dame et ceux du faubourg Saint-Antoine.

^ Cf. Lettre à un ami de province (loc. cit.).

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