‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 171 sur 401 · DISCOURS DU P. DUPARC · texte numérisé non relu

DISCOURS DU P. DUPARC

^rand nombre dans l'assemblée. La harangue officielle, qui roulait sur la naissance du duc de Bourgogne considérée comme le gage de la félicité publique, se terminait par un souhait chaleureux, marqué d'un vif sentiment de patriotisme qui devait être bientôt amplement réalisée En attendant, le discours fut salué par des cris unanimes de joie et les bruyantes décharges des boites à poudre.

Mais, telle était déjà la pente fatale où glissait l'éloquence chrétienne, vers le milieu du xviii" siècle, que Beaumont se voyait réduit à féliciter le P. Duparc d'avoir empreint la parole académique d'un accent franchement religieux. Vingt ans plus tard, à propos du même discours, Gresset complimentera également l'auteur de ce qu'il appelle, pour l'époque, « un mérite fort rare*. »

1 « Veriim, ut ne sit Spes Gallorum, ultima, prodeant e stirpe tam augusta novi surculi, nova Delphini proies m(Meula...i^ Quelque douloureux qu^ait été l'avenir pour les trois rois, frères du duc de Bourgogne, la postérité mas • culine n'en est pas éteinte, grâce à Dieu, et le ciel nous garde encore une espérance.

' Il Taut citer tout entière cette lettre do Gresset au P. Duparc. Elle est si peu connue qu*on pourrait la croire inédite, et elle permet d^ajouter un document nouveau à ce que nous savons d^ine certaine décadence au dernier siècle :

« J'ai reçu, mon révérend Père, le discours que -vous avez eu la bonté do m'envoïer. Je l'ai lu avec un très- grand plaisir ; il est pensé avec force et noblesse, exprimé avec grâce et sentiment, et rempli de ces images brillantes qui font l'éloquence comme la poésie. Vous avez trouvé l'art de faire entrer des principes et des mœurs, nécessaires et honorables au gouvernement des États et à l'humanité, dans un genre ou d'autres ne mettent que des fadeurs et des mots. Vous conservez la manière de Gossart et sa langue. Ce ne sera sûrement pas votre faute si le petit jardin d'antithèses, si ridiculement à la mode aujourd'hui, continue à prévaloir :

Si Pergama doxtra Défend! possent, eliam hac defensa fuissent.

« Je vous sais un gré infini du trait noble et respectable par lequel vous finissez. C'est, à la honte de nos jours, un mérite fort rare que d'emploïer la religion dans la tribune littéraire Elle termine votre harangue avec beau-

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