LIBELLÉS DIFFAMATOIRES
de Paris se voyait en butte, dans le même temps, à des calomnies d'une telle nature, que le Parlement s'en émut pour la dignité de l'épiscopat français. A quelques semaines d'intervalle, la Cour faisait même lacérer et brûler, par l'exécuteur des hautes œuvres, trois libelles qui, à des degrés divers, constituaient un intolérable outrage au caractère, au rang, à la vertu de Christophe de Beaumont.
Le premier était un factum de trente pages in-4°, publié sans nom d'auteur, sous ce titre bizarre : Oraison funèbre de très- hautes très -puissante et très -sainte princesse la bulle Unigenitus^ prononcée dans V église métropolitaine de S..., par M, Vévêque de M,,.^ le i*^ septembre 1752, Il m'a paru très insipide et plus digne de mépris que d'autre chose K L'autre reproduisait un prétendu mandement de l'archevêque de Paris, fabriqué, dit l'arrêt de condamnation, « dans la vue de diminuer, s'il était possible^ les sentiments respectueûx qui lui sont dus '2. » Le troisième, enfin, libelle anonyme des plus violents, accumulait les anecdotes injurieuses et diffamatoires contre les mœurs de ce prélat, « qui serait à l'abri de semblables satires, si la vertu la plus épurée et la plus reconnue pouvait en mettre à couvert^. »
ï L'exomplaire quo j'ai enlre les mains no porte pas le nom de l'imprimeur. Point d'autre indication que celle-ci : A la Flèche^ aux dépens de la Compagnie...
^ Mgr de Beaumont avait eu réellement l'intention do publier, en 1752, un mandement pour la défense de l'autorité spirituelle. Il s'en abstint, par pure déférence pour la personne du roi. On essaya bien de le compromettre par la publication de Vira Dei ascendit super noSj mais Tarchevéqne montrera bientôt que, s'il y a un temps pour se taire, il est aussi un temps pour parler.
* Arrêt du Parlement (26 octobre I752), — Le Dictionnaire des Anonymes