‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 203 sur 401 · UNE LETTRE DE BOYER · texte numérisé non relu

UNE LETTRE DE BOYER

dangereux poste d'honneur. Le iO juih, le P. Desmarets, supérieur du noviciat de Paris, était présenté au roi, qui daignait Tagréer comme successeur de Pérusseau. La lettre que le pieux prélat écrivit bientôt au P. général , Ignace Visconti, nous dira quel intérêt s'attache à cet épi^de en apparence secondaire.

€ Je n'ai pas grand mérite dans ce que je viens de faire pour votre Compagnie. Il fallait ou abandonner la religion déjà trop ébranlée dans ces temps fâcheux , ou placer un jésuite dans le poste en question. J'ai suivi mon inclination , je l'avoue ; mais ici le devoir parlait bien aussi haut que l'inclination. C'est votre gloire et en même temps votre consolation , qu'au moins dans les circonstances présentes, l'apparence seule d'une disgrâce pour la Compagnie en eût été, pour ainsi dire, une véritable pour la religion. Les Jésuites exclus de la place, le jansénisme triomphait , et avec le jansénisme une troupe de mécréants, qui n'est aujourd'hui que trop nombreuse. Il faut même dire les choses comme elles sont. Le cœur de Sa Majesté est pour vous : je l'ai toujours reconnu. Ainsi, en parlant pour vous, je parlais selon le cœur du roi; au lieu que l'intrigue et la cabale, quoiqu'elles n'aient que trop de pouvoir, auront toujours du moins, en parlant contre la Compagnie, à combattre les premières inclinations de Sa Majesté. Je ne puis finir cette lettre sans vous dire que le P. Desmarets a été fort bien reçu du roi, et que M. le Dauphin en est très content ^..»

Cependant, le roi demeurait fort perplexe. La Grand'- Chambre, réléguée à Pontoise, ne s'occupait d'aucune

1 Lettre du 16 juillet 1753 (Archives du Gesû).

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