‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 21 sur 401 · LA FAMILLE DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

LA FAMILLE DE BEAUMONT

pièces d'artillerie de bronze *. » Aujourd'hui, dans l'enceinte restaurée de la maison seigneuriale, si l'on retrouve, comme autrefois, l'écusson des Baynac et l'hospitalité des Beaumont, le chemin de ronde ne retentit plus du pas des hommes d'armes, et la sentinelle a cessé de faire le guet sur la plate-forme de la haute tour. Des souvenirs plus paisibles rajeunissent et égayent cette demeure qu'animait naguère encore un joyeux essaim d'enfants : ce sont les souvenirs du saint archevèque dont le nom seul honore l'Église, sa famille, son siècle et son pays.

Son père, François de Beaumont, ancien guidon des gendarmes de Monsieur, après avoir traité de sa charge et s'être retiré du service en 1688, avait épousé Jeanne d'Aubusson de Miremont qui succomba inopinément dès 1692, laissant deux orphelins que la mort ne tarda pas ' à ravir comme elle. Sept années s'écoulent. Le 4 janvier 1699, M. de Beaumont contractait une nouvelle alliance, réservée à jeter sur la splendeur de sa maison le reflet d'un rayon nouveau. Mane-Anne de Lostanges de Sainte-Alvère, issue des plus nobles familles du Limousin et du Périgord, comptait parmi ses ancêtres des hommes qui ne s'étaient pas fait une place moins estimable dans les rangs du clergé, de la magistrature, de la marine et de l'armée^.

Femme d'un grand sens et d'im esprit supérieur, elle se recommandait autant par la virile énergie de son

1 Histoire généalogique de la maison de Beaumont^ t. I, p. GOi.

* La maison de Lostanges, dans le bas Limousin, était marquée entre les premières de cette province par son ancienneté et ses alliances. Les armes sont « d^argent à un lion de gueules couronné, lampassé et armé d'or, et un orle de cinq étoiles de gueules posées 2. 2. et une. » (Cf. Mercure de France, avril 1747, p. 202.)

6 BAPTÊME DE l'eNFANT,

caractère que par l'intégrité sévère de ses mœurs. Le jcîel, qui avait déjà béni son union par la naissance de deux fils. Armand et Louis de Beaumont* venait de lui envoyer un troisième, et dernier enfant qu'elle voulut consacrer à Dieu en lui imposant ce nom prédestiné de Christophe, récent encore parmi les siens^ mais qui allait devenir bientôt pour eux le plus familier de tous ^. Le désir de convoquer le ban et Tarrière-ban de la parenté fit ajourner jusqu'au 10 août les cérémonies du saint baptême, mais l'enfant avait été ondoyé dans la matinée du 29 juillet. Une expresse autorisation de Mgr Paul de Ghaulnes. nouvel évêque de Sarlat, rendit légitime ce long retard.

On lit dans les registres de la paroisse Saint-Eutrope de Meyrals ^ :

Aujourd'hui, ce IQe août 1703, a reçu les cérémonies du baptême noble Christophle ^ de Beaumon (sicj du Repaire, fils naturel et légitime de noble François de Beaumon du Repaire, et de dame Anne-Marie de Lostanges de Sainte-Alvère. Il naquit au château de La Roque le 26 juillet, environ neuf heures du soir, et fut ondoyé

1 Tous deux naquirent au château de La Roque : Armand, le 12 juillet 1700; Louis, le 9 novembre 1701.

* Un des neveux de l'archevôque voulut, en mémoire de son vénéré parrain, que chacun de ses cinq fils portât ce nom de Christophe^ qu'il avait pareillement reçu à sa naissance. La tradition ne s'en perd point. Il y a quelques années à peine, au château de La Roque, un nouvel héritier des Beaumont du Repaire voyait le jour dans la chambre même où naquit le grand archevêque de Paris : nommé Christophe comme lui, il a été présenté à la môme paroisse et baptisé aux mêmes fonts... Dirai-je qu'il n'y a pas jusqu'aux langes du berceau qui ne rappellent de touchants souvenirs ?

* Meyrals est une commune du canton de Saint-Cyprien. Son église a toujours été la paroisse du château do La Roque.

* J avertis, une fois pour toutes, que ce nom de baptême est écrit dans les actes publics de l'époque, tantôt Christophle, tantôt Christophe, plus habituellement sous celte dernière forme, la seule qui ait été conservée.

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