IV
256 COUPS d'autorité.
silence, ou parce qu'ils ne furent pas ordonnés à cette époque, ou parce que leurs noms sont moins connus.
Sur ces entrefaites, et dans les premiers jours de 1754, la compagnie du guet de Paris fut mise en émoi par je ne sais quel projet d'assassinat dont Christophe de Beaumont devait être la victime. Le comte d'Argenson et Berryer, lieutenant général de police, avaient été l'objet de pareilles menaces. Sur la dénonciation de l'un des conjurés, on arrêta quelques échappés de Bicêtre, plus fous sans doute que dangereux. L'affaire, poussée d'abord avec activité, fut abandonnée assez promptement. On jugea plus à propos de l'étouffer.
Mais si les ennemis de l'archevêque avaient cru l'intimider, ils se trompaient. Loin de s'émouvoir des attaques, Beaumont sembla redoubler de fermeté et de 'décision. Sans égard pour ce siècle orgueilleux de la philosophie, qu'il appelle « la lie des siècles ^ » il annonce sa résolution de ne pas moins veiller à sauver les restes de la discipline primitive qu'à défendre dans son intégrité le dépôt sacré de la foi.
Coup sur coup, il interdit la musique à l'abbaye de Longchamp, pendant la semaine sainte, à cause des scandales croissants qu'amène l'affluence traditionnelle d'une société fort mêlée ^ ; il enlève les pouvoirs aux prêtres et aux religieux qui biaisent avec l'orthodoxie ; il ne ménage pas même le célèbre P. Reynauld, de
Noire-Dame, le 29 avril 1754, en remplacement de Nicolaï, nommé à Pévêchc de Verdun.
• Mandement du 31 février pour le carême de 1754.
' «'L^on a remarqué aux dernière» promenades, pendant les trois jours de ténèbres, que l'on n'avait point vu comme aujourd'hui le triomphe des courtisanes... Jamais Ton n'a poussé si loin la magnificence de la débauche. » — (Argenson, t. VIII, p. 278.)