‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 251 sur 401 · LA DECLARATION DE · texte numérisé non relu

LA DECLARATION DE

n'étaient encore que de faibles commencements, par où les esprits turbulents faisaient comme un essai de leur liberté; mais quelque chose de plus violent se remuait dans le fond des cœurs, c'était un dégoût secret de tout ce qui a de l'autorité, et une démangeaison d'innover sans fin, après qu'on en a vu le premier exemple ^ »

L'archevêque de Paris ne s'alarmait donc pas sans motif, lorsque, signalant une recrudescence d'oppression , il accusait le Parlement de la capitale de donner le ton aux parlements des provinces.

Celui de Rouen venait, en ce temps même , de condamner au bannissement un jésuite, le P. Maxuel, coupable d'avoir enseigné que les propositions de 1682 étaient « une erreur manifestement contraire au dogme de l'unité. » On le poursuivait jusqu'à Paris, où il cherchait un refuge ; on avait même la prétention d'interdire toute leçon de théologie dont le professeur ne se serait pas préalablement engagé , par écrit , à soutenir la doctrine des quatre articles. En attendant , le cours des mesures répressives ne se ralentissait pas, et Beaumont admirait comment les affaires de cette nature semblaient devenir la préoccupation exclusive des cours de justice.

Il était assurément piquant de voir ces champions de la déclaration de 1682 s'armer en guerre contre les défenseurs de la bulle UnigenituSj bulle souscrite par la presque unanimité de l'épiscopat français, alors que cette déclaration même regarde comme irréformable toute décision de Rome qui a été une fois acceptée par

ï Oraison funèbre de la reine d'Angleterre, seconde partie.

'^s contradictions __ __ t le galHcanlsme .

l^^^fUittjAS'^àfi^Hre ce qu'il est en

^ J'.'stfBt^Pv&iSlSi^'^ restaient en ^^|i^l^:rSllH>i«)i9<€-t de prêtres fidè- ^lSW¥&Si§Ù|t¥|||Siniment celle de ^iHlH'jB^JlIfil^^i.ttâ^i'''^"^ enfuis pour PU nSS^H^^SftSiifli^iM^ des magistrats.

8^38^(1^ et l'archevêque, .d'ouvriers, avait lider qu'il lui fût u£^^i:^A]»s-^''^iiSBr administrer en ~ "fe^'^^^*^-^ ^^ ^'y refusa, et ^Sjue de recourir à ?W»^'^'woi?i3^ de défrayer jus-

«S^mpirait d'autant '^ant une maladie îcer son curé dans

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liS^^Mlieue et des autres par- KAuo» épieuie». Le Journal SlJ^^ne lettre de Villejuif qui f3i,ÎS*« plus coDWlaalB sur la î>i^&; mission ;à laquelle les

ir le fruit de leurs ^élal, deux Borlea d'ŒUb ofgaDisalion de biblio- SiOQ perpétuelle du Saiul-

BEBNIS RN FAVKUIl. 313

dire au marquis de Mirabeau : « Los divisions entre le clergé et les cours souveraines s*aniniont par les sots moyens qu'on croit propres à les assoupir ^ »

C'était le temps où venait d'entrer sur la scène politique un homme que ses antécédents ne semblaient pas avoir préparé au rôle principal qu'il allait jouer. Son élévation fut rapide et sa fortune éclatante : sa disgrâce sera prompte et sa chute sans retour.

Nous parlons de l'abbé de Bernis. Il avait alors plus de quarante ans et n'était pas encore prêtre 2. Déjà néanmoins en grande faveur auprès du roi, bientôt appelé à prendre place dans son conseil , le sous-diacre diplomate s'était promis de mettre, au plus tôt, un terme à ce fatal conflit de la magistrature et des évoques. Il se flattait. La souplesse d'une nature pleine de finesse et l'élégance d'un savoir-vivre aimable ne trouveront pas à entamer un caractère tout de conscience, comme celui de Beaumont.

Bernis, qui rend aux vertus de l'archevêque de Paris autant de justice qu'il en refuse à ses lumières ^, oublie que dans ce courant de médiocrité générale où ils vivaient tous deux , « le talent ne brillait pas plus que

1 Le» Mirabeau, par Louis de LoméniO) f. II, p. 358.

* Cest ce qu'oublient encore les écrivains de nos jours qui imputent au prêtre, chez Bernis, les frivolités de ses poésies de première jeunesse. Quant à la question môme des ordres sacrés, elle est tranchée par cette dépêche du 12 avril 1755, au ministre des affaires étrangères^ Bouille : « Après de mûres réflexions, Monsieur, j'ai formé la résolution de m'engager dans l'état ecclésiastique. J'ai reçu des lettres dimissoires do mon évèque diocésain pour prendre le sous-diaconat. J'entre demain en retraite pour huit jours ; c'est le patriarche de Venise qui doit me conférer les ordres. » — En 1756, Bernis n'était donc sous-diacre que depuis un an à peine.

' « M. de Beaumont, chéri à Vienne, adoré à Bayonne, fait pour occuper ces deux places et non pour remplir un siège de l'importance de celui de Paris. » (Mémoires de Bernis, t. I, p. 140.)

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