ENTRÉE DE FREDERIC EN SAXE
de militaires tués à Tarmée ou ruinés au service du roi. Le 18 juillet 1756, l'École militaire était construite et le ministre d'État installait les jeunes pensionnaires de Louis XV dans les bâtiments qui portent encore ce nom ^ '
J'ai insisté, à dessein, sur des détails qu'il est nécessaire de connaître pour l'intelligence du débat soulevé par la récente publication des Mémoires de Bernis. J'arrive, sans plus tarder, au récit de l'un des incidents les plus remarquables de Tépiscopat de Beaumont.
Entré brusquement en campagne le 30 août, Frédéric II 4^ Prusse venait d'envahir la Saxe au mépris du droit des gens, et il entendait poursuivre ainsi ses conquêtes au pas de course. Cette nouvelle inattendue excita partout en France une indignation facile à comprendre, mais elle ne fit trêve que pour quelques jours aux préoccupations habituelles du peuple de Paris, tourné tout entier vers les querelles intérieures. On chansonna le Mandrin couronné^ et ce fut tout ; puis on se hâta d'oublier un fait de guerre qui ne paraissait pas devoir exercer une influence immédiate sur les intérêts du pays.
Tout à coup le bruit se répand que l'archevêque est sorti de son silence et qu'il vient de fulminer avec éclat contre les pratiques des parlements. On en est encore aux rumeurs sans consistance ; mais bientôt circulent
^ VÉcole royale militaire fut supprimée à la Révolution, mais le premier consul la rétablit sur d'autres bases en 1803, en la plaçant à Fontainebleau. Elle fut transférée en 1808 à Saint-Gyr môme. — Il est curieux de remarquer que Bonaparte a été l'un des derniers élèves de l'École de Louis XV, comme sa sœur Marianne (qui se fit donner plus tard le nom, plus princesse, d'ÉIisa) fut l'une des dernières pensionnaires du Saint-Gyr de Madame de . Maintenon. (Cf. Revue rétrospective, !'« série, t. IV, p. 322, 334.)