‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 255 sur 401 · MANDEMENT DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

MANDEMENT DE BEAUMONT

bler un peu vif, bien qu'il s'agisse de l'un des écrits du vénérable prélat qui ont eu le privilège d'émouvoir, au plus haut degré, l'opinion publique de son temps.

La gravité de ce document vaut du moins que nous donnions ici de larges extraits du préambule, non seulement parce qu^il éclaire de son vrai jour la conduite d'un évêque tant calomnié, mais encore et surtout parce qu'il nous paraît admirablement répondre à certaines difficultés courantes, qui sont de tous les temps :

« L'Église ne peut ni varier dans sa doctrine, ni être dépouillée de l'autorité spirituelle dont le Seigneur l'a revêtue. La séduction des esprits, les intérêts politiques, l'inconstance des opinions humaines , le spécieux prétexte de maintenir la tranquillité publique, ne feront jamais illusion à cette sainte Épouse de Jésus-Christ. Les hmniliations, les bannissements , les supplices , la mort même de ses ministres n'ébranlent jamais son courage. Toujours elle saura conserver le dépôt des vérités étemelles et maintenir l'autorité sacrée qu'elle a reçue de son divin Époux.

« En vain l'a-t-on menacée , dans les deux derniers siècles, de lui enlever les plus belles contrées de l'Europe, si elle ne consentait pas à modifier quelques-uns de ses dogmes et de ses principes ; si, en faveur de ce qu'on appelait alors , comme aujourd'hui, le bien de la paix, elle ne se relâchait pas sur quelques articles qu'on prétendait n'être pas absolument essentiels ; elle a mieux aimé, cette sainte Église toujours sans tache , posséder un troupeau moins nombreux, mais plus

voix était tremblante, et qu'en sortant de la chaire (où l'on croit que de sa vie il n'était monté) sa démarche était encore plus tremblante que n'avait été sa voix. » [Nowo, eccl. de 1756, p. 185.)

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