NOUVEAUX BRUITS D EXIL
défendre à tout prêtre de publier ladite Instruction et à tout imprimeur de la mettre en pages, sous les menaces corporelles les plus sévères. Il était pareillement enjoint au procureur général du roi de notifier, sans retard, la présente interdiction à tous les curés de Paris et à celui de Conflans, avec ordre de la faire parvenir aux autres curés du diocèse, dans le courant de la semaine suivante.
Les copies du mandement, colportées sous le manteau, ne s'en répandirent pas moins en très grand nombre, jusqu'au jour où l'archevêque, après en avoir fait passer une à tous les prélats du royaume, réussit à la faire imprimer clandestinement*. Il avait eu soin, le matin même du 19 septembre, de mander son neveu de Lostanges auprès du roi pour lui remettre en mains propres un des exemplaires manuscrits. Louis XV répondit qu'il s'expliquerait par le cardinal de La Rochefoucauld.
Cette réponse évasive, qu'on disait très sèche, avait suffi pour mettre en campagne les esprits aventureux, et c'était à qui donnerait des nouvelles, réputées authentiques, de l'exil du prélat ou de son internement. Les uns l'enfermaient à la Bastille, d'autres le reléguaient à Montbrison ou même l'expédiaient jusqu'à Sainte-Marguerite, l'une des îles de Lérins. « Mais il n'était rien de tout cela, écrit Barbier; l'archevêque est resté à Conflans, quoique ce soit véritablement le coup le plus fort qu'il ait fait ou qu'il puisse faire 2. » — La
ï « Los Jésuites et leurs congréganistes eu font la distribution, » disaient les anticonslilutionnaires dépités. (Le Péché imaginaire, post-scriptum de la 2e lettre, p. 35.)
* Journal, t. VI, p. 371.