‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 284 sur 401 · IMPUTATIONS CALOMNIEUSES · texte numérisé non relu

IMPUTATIONS CALOMNIEUSES

taires ^ tous jansénistes notoires. On l'y avait vu souvent mêlé à la foule de ceux qui venaient applaudir les magistrats et les encourager dans leur résistance, tout en invectivant contre rarchevèque et sans épargner même la personne du roi. Comment se fait-il néanmoins que les premiers Soupçons de régicide se soient portés sur le clergé de la capitale et spécialement sur les Jésuites ? La chose paraîtrait incroyable, si nous ne savions ce que peut absorber de calomnies idiotes la crédulité des masses.

« Tout le monde veut que le coup parte des prêtres, écrit brutalement d'Argenson... On soupçonne beaucoup les Jésuites ^. » Les hommes honnêtes savent ce qu'il faut entendre par ce tout le monde; mais enfin, grâce à de telles insinuations, on vit des familles affolées par la peur retirer, le lendemain du crime, jusqu'à-deux cents pensionnaires du collège des Pères, « crainte du feu que le peuple aurait pu y mettre^ ».

Disons toutefois que les esprits impartiaux ne furent

i Cette qualification de « parlementaires » était alors en usage pour désigner ceux qui soutenaient le Parlement dans ses luttes avec la cour.

' Journal, t. IX, p. 382. — La raison, c'est que Damions « a été cuistre au collège pendant deux ans ». {Ibid., p. 389.)

• Barbier (t. VI, p. 434). ^- On n'imaginerait pas jusqu'où peut aller cette crédulité bête dont nous avons parlé, si nous ne transcrivions ici un fait attesté par le même témoin. « Jeudi dernier, on a annoncé, par un tableau pendant au-dessus de la porte de toutes les églises, les prières de quarante heures. On s'est servi aux Jésuites d'un ancien tableau, fait pour la dernière maladie de M. le Dauphin ; on l'a envoyé chez le peintre qui fait ces sortes de tableaux, pour effacer M. le Dauphin et mettre le Roi. Il s'est trouvé que ce peintre n'avait pas absolument bien effacé l'if, en sorte qu'il semblait que cela faisait pour M. le Roi. Un homme s'est arrêté à la porte de l'église du Collège, a amassé bien du monde, et a fait entendre à ce peuple que cela faisait prières pour massacrer le Roi. Il a même eu la hardiesse de monter chez le Recteur du Collège, pour lui demander l'explication do ce tableau. )► {Ibid., p. 441.)

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