MORT DE FRANÇOIS DE CRUSSOL
chapitre de Notre-Dame ne tarda pas à montrer qu'il savait être délicat envers son archevêque dans les questions de sensibilité et de cœur.
On se rappelle sans doute quels liens étroits d'amitié et de famille unissaient Christophe de Beaumont avec le métropolitain de Toulouse, François de Crussol d'Amboise. Celui-ci, éprouvé depuis quelques années par une grave maladie de foie, était récemment venu chercher auprès des médecins de la capitale les secours spéciaux qui lui manquaient ailleurs. Logé au palais archiépiscopal, laissé libre par le départ forcé de son vaillant ami, il se sentit brusquement suffoqué vers le milieu de la nuit du 30 avril, et mourut presque aussitôt dans la chambre même de Beaumont.
Son corps fut exposé le lendemain dans la chapelle intérieure, et le chapitre, après avoir délibéré sur-lechamp, décida, par un sentiment de piété filiale pour le prélat exilé, qu'on rendrait à son parent défunt les honneurs funèbres réservés jusque-là aux seuls archevêques de Paris. Cet hommage parut ^gnificatif de la part d'une Compagnie fort jalouse de ses privilèges et de ses droits. Il est vrai qu'elle ne négligea pas d'insérer, dans la minute du procès- verbal, une clause constatant que la détermination prise en cette occasion tout exceptionnelle ne devait point tirer à conséquence pour l'avenir ^
Profondément affecté d'une mort à laquelle rien ne l'avait préparé, Beaumont l'eût été bien davantage d'apprendre quelles convoitises elle éveilla dans le foyer des intrigues. Il n'avait, pour sa part, accepté l'archevê-
> « Sine ulla in posterum consequentia. » (Délibération du !•' mai.)