‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 349 sur 401 · SON RETOUR A PARIS · texte numérisé non relu

SON RETOUR A PARIS

vêque, je me plaindrais déjà de la longueur de vôtre absence ^ »

La lettre est datée du 9 juillet. Le doyen s'empressa de répondre que l'archevêque désapprouvait fort « la négligence qu'on avait eue à cet égard » , et promettait de donner des ordres pour que, dans la suiteT « le chapitre n'eût plus à se plaindre sur cet objet ». Il annonçait, en même temps, sa résolution de rejoindre au plus tôt ses collègues, car rien ne laissait prévoir pour Beaumont le terme prochain de l'exil. « On ne parle plus du rappel de M. l'archevêque , avait écrit naguère encore son saint ami : cela fait horreur^. »

Cependant, l'abbé d'Agoult quittait La Roque pour reprendre le chemin de Paris. Il se croisa en route avec le nouvel évêque de Limoges , du Plessis d'Argentré , qui se disposait, au contraire, à venir y passer, en compagnie du grand prélat, les dernières semaines d'automne jusqu'à la Toussaint ^. Mais quelle ne fut pas l'agréable surprise du bon doyen, lorsque, peu de jours après sa rentrée dans la capitale , il reçut du comte de Saint-Florentin un pli cacheté, confirmant les rumeurs qui commençaient à se répandre !

A Versailles, le 7 octobre 1759. — *Je ne doute point, Monsieur, que vous n'appreniez avec autant de plaisir que j'en ai à^ous l'an-

^ Registres capitulairet (séance dn 14 juillet}.

' L'évèque d*Amiens mandait dans la même lettre : « Le pape n'a point de santé, et c'est un saint. Il y a lieu de craindre que nous n'en jouissions pas longtemps. » (Lettre à D. Malachie.) — Il se trompait, heureusement, et sur la durée du pontificat de Clément XIII et sur celle rie Texil de Beaumont.

" Louis-Charles du Plessis d^Argentré avait été sacré, le 14 janvier, dans la chapelle du roi, en remplacement de Jean-Gilles de Goêtlosquet, nommé précepteur du jeune duc de Bourgogne. C^est vers le même temps que l'abbé de Beaumont des Junies, vicaire général de Tours, monta sur le siège de Rennes.

476 RAPPEL DE l'archevêque.

noncer, le retour de M. Tarchevêque de Paris. Je viens de lui écrire qu'il peut y revenir quand il le voudra. Je vous prie de vouloir bien en faire part au chapitre de Notre-Dame et d'être toujours persuadé des sentiments, etc.

L'allégtesse fut vive parmi tous les membres réunis, le lendemain, en séance extraordinaire. On députa aussitôt d'Agoult, de Panisse, de Montjoye et d'Ormesson, pour offrir des remerciements au ministre secrétaire

d'Etat, avec prière de porter jusqu'au roi l'expression unanime des mêmes sentiments de gratitude. Les chanoines convinrent également de se rendre en corps au devant de l'archevêque, dès que sa rentrée à Paris serait signalée, afin de le féliciter sans retard dans les termes du respect le plus affecteux ^

Au premier avis qu'il avait reçu de son prochain rappel, Beaumont s'était mis en route avec d'Argentré. Us arrivèrent ensemble à Limoges, où le chapitre de la cathédrale complimenta l'archevêque, pendant que, au grand scandale des jansénistes du pays, les cloches sonnaient à toute volée, rendant à un prélat sans juridiction dans le diocèse des « hommages inusités » et des « honneurs à peine dus au métropolitain de cette province ^ ».

Ne sachant trop à quel motif rattacher une rentrée en grâce que les meilleurs amis de Beaumont n'espéraient guère plus, on affirmait généralement qu'il avait promis « d'être tranquille » et de tempérer l'ardeur de son

1 « Statuerunt omnes et singulos D<» canonicos Parisienses DD. arcliiepiscopum adituros, cumin urbem redierit, jpsum salutandi causa eique de suc reditu, verbis quam fieri polerit offlciosissimis ac tenerrimis, gratulandi. » (Séance du lundi 8 octobre.)

'Nouvelles de 1760, p. 36.

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