‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 373 sur 401 · HISTOIRES RIDICULES · texte numérisé non relu

HISTOIRES RIDICULES

empoisonner Louis XV en lui donnant la communion ? La communion, à Louis XV ! au temps dont nous parlons!... On se serait aperçu, paraît-il, de quelque mouvement irrégulier, et on aurait obligé le célébrant d'avaler l'hostie, et celui-ci serait mort sur-le-champ. Caylus, il est vrai, veut bien donner simplement le fait « comme on Ta donné », mais, ajoute-t-il, « l'Église offensée et surtout les Jésuites blessés, je ne donnerais pas grand argent de la vie de ce pauvre diable de roi * ».

Plus tard, c'est une autre histoire. « Il y a un P. Grîffet, jésuite, auqael on accorde du mérite en particulier. Le lendemain qu'il a prêché à Saint-Roch un sermon qui a fait dire qu'il serait le prédicateur de l'Avent, on a mis autour de l'église des affiches écrites à la main, et j'en ai vu arracher une. On y disait : « MalagHcla doit prêcher, gare au poison ! » Et il y eut, grâce à ces excitations, des gens convaincus que Malagrida luimême avait trempé dans le forfait de Damions, et qu'il était veiiu à Soissons au temps de l'assassinat ^. »

N'est-ce pas le cas de répéter cette exclamation d'un homme de cœur : « Jésuites ! Jésuites ! Jésuites ! assassins qui n'assassinez jamais et qui êtes toujours assassinés ! Calomniateurs qui buvez la calomnie, qui l'absorbez sans démenti et qui rendez le bienfait pour l'injure, Jésuites incroyables. Jésuites impossibles... confiez-moi seulement ceci, tout bas à l'oreille, je ne le répéterai point : apprenez -moi, égorgeurs des rois qui vous protègent et qui vous aiment, pourquoi vous ne fîtes pas planter dix, vingt, cent, mille et dix mille de

1 Correspondance inédite du comte de Caylus avec le P. Paciaudij t. I, p. 217.

» Barbier (t. VII, p. 410).

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