‹ Christophe de Beaumont, archevéque de ParisChapitre 96 sur 401 · LETTRE DU CHAPITRE · texte numérisé non relu

LETTRE DU CHAPITRE

qu*il avait suffi de le voir pour le connaître et de le connaître pour Taimer ^ Retarda-t-il ainsi Theure du départ, parce que , modeste et humble , il se refusa d*abord à accepter ce poste élevé, de même que, l'année suivante, il ne montera sur le siège de Paris qu'après des résistances sans fin? C'est ce qu'il nous est impossible d'affirmer, mais rien ne nous paraît plus vraisemblable. Une chose reste certaine, « c'est qu'en partant il emporta avec lui les regrets de tout ce qu'il y avait de gens de bien dans la ville de Bayonne ^. »

Disons, pour être juste, que l'archevêque démissionnaire ne laissait pas derrière lui des regrets moins vifs. La lettre que le chapitre de Vienne crut devoir adresser à Beaumont le constate d'une façon touchante, qui nous paraît également à l'honneur des deux prélats.

Monseigneur,'

La douleur de perdre un archevêque que nous respections autant que nous lui étions attachés, ne pouvait être adoucie que par le choix que le Roi a fait de Votre Grandeur pour lui succéder. Accoutumés à regarder nos prélats comme nos pères, nous avions trouvé dans M. le cardinal d'Auvergne tout ce qui pouvait fortifier ce sentiment ; il nous aimait comme ses enfants; il ne trouvait ni d'expressions assez tendres pour le dire, ni de preuves assez fortes pour nous le témoigner. Son amitié, marquée par des bienfaits, voulait igouter la reconnaissance à un attachement qui n'avait pas besoin de ce secours pour nous faire sentir toute l'amertume de la séparation. Nous ne craignons point, Monseigneur, dans une occasion où nous voudrions vous marquer toute notre joie, de vous rendre le dépositaire de nos regrets. Ils vous répondent de nos sentiments pour Votre Grandeur; la place qu'elle va remplir lui assure nos respects, nos hom-

1 Simul ut viderunt, et pi*obaverunt; tantumque interfuit^ ut probdretur^ qiubntum ut videreiur (i'e leçon du 2^ nocturne, 16 décembre). * Vie de if. Baguer re, p. 212.

Page 1