‹ Christophe de BeaumontChapitre 105 sur 368 · REFUS DE L* ARCHEVÊQUE · texte numérisé non relu

REFUS DE L* ARCHEVÊQUE

Pour qui se reporte par le souvenir au temps dont nous parlons, il n'est pas malaisé de convenir que, dans sa simplicité même, cet éloge a du prix.

Mais si l'étonnement des autres fut « inexprimable, » que dire de Tétonnement du modeste Beaumont? Une première lettre de Boyer l'avertit qu'on va le proposer au roi : il écrit sur l'heure, avec prière instante de « ne jamais faire mention de lui pour cette place. » Une seconde missive, loin d'obtenir du succès, provoque une réponse catégorique et un refus des plus nets. Boyer insiste de la part du roi, disant, en propres termes, que Sa Majesté sera très-fâchée qu'il n'accepte point. Beaumont, qui avait parfois lui aussi ce que Mézeray appelle la négative un peu rude, s'opiniâtre dans son refus motivé : il ne cesse de représenter quels sont, à l'égard des translations d'un siège à l'autre, l'esprit et les règles de la sainte Église ^ Louis XV se décide à intervenir personnellement. Il écrit de sa main à l'archevêque de Vienne, et la lettre royale, datée du 16 août, paraît moins adresser une invitation que dicter un ordre. La résistance ne peut durer plus longtemps : Christophe de Beaumont finit par céder, non sans se plaindre, dans sa réplique à M. de Mirepoix, de ce qu'il nomme les trahisons de l'amitié.

Peut-être pensait-il, comme autrefois Grégoire de

prunle ce trait méchant, prèle encore au frère aîné de Boaumonl cotte plaisanterie un peu lourde : « Lorsque nous sortîmes de La Roque pour aller au Bugue chez un précepteur apprendre le peu de latin que lui et moi ayons jamais su , on nous mit sur un âne, et vous voyez où ce diable d'âne l'a conduit... à l'archevêché de Paris. >► (Revue rétrosp.y t. III, p. 266.)

1 II faut vouloir considérer les ciioses par un bien misérable côté pour attribuer la persistance de ces refus à la crainte € des dépenses » qu'allait entraîner une installation nouvelle (Cf. Barbier, t. IV, p. 175).

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