AFFAIRES ECCLÉSIASTIQUES
reine, ce fut, parmi ces messieurs, à qui s'empresserait davantage autour de l'archevêque. Pour n'être point en reste avec le premier président, les autres, Mole, Morvaux, Maupeou, Rosambo, Novion, firent assaut de politesse et d'égards. Le lieutenant civil se montrait le plus obséquieux de tous. Beaumont souriait finement d'iin manège qui affectait, selon le mot de Luynes, « l'air de la plus grande union K » Aussi disait-il, en plaisantant, que tout était fini.
Hélas ! il n'y eut pas même un temps d'arrêt. « Nos affaires vont toujours très mal, quoi qu'on vous en dise, écrivait Mgr d'Amiens ; il est clair que la Cour s'embarrasse fort peu de nous, et que le Parlement, à qui on laisse tout faire, ne pense qu'à anéantir la Bulle en France, à quoi on ne parviendra que trop, en forçant les pasteurs de donner les sacrements aux Jansénistes. Le clergé du second ordre manquant d'appuy manquera de courage et fera tout ce que le Parlement voudra. On se moque des évêques, on les amuse par de fausses espérances, on les empêche d'agir, car tous ceux à qui j'écris me répondent qu'il faut attendre, et cependant le Parlement n'attend rien et va toujours persécutant. Je suis pénétré de ce que je vois, et effrayé de ce que je prévois ^. »
Christophe de Beaumont n'était pas un de ces prélats sur l'élan desquels Mgr de la Motte pouvait manifester des inquiétudes. Si l'évêque d'Amiens recevait des lettres anonymes où on le traitait de fou \ l'archevêque
^ Luyoes, t. XII, p. 57.
^ Lettre du 22 septembre (Archiv. de Saint-Acheul).
* Plaisaotant lui-même sur cette imputation de foliCy il écrivait : « J'ai prié mes amis de m'averlir quand ils verraient le plus léger commencement » {ibid.)
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