LE CHAPITRE Î^OBLE DE LYON
de prélats, d' évoques et d'archevècjues sortirent de ce chapitre, que des prérogatives insignes distinguaient de tous autres. Le nombre des chanoines, autrefois de soixante-douze, avait été réduit, par un statut organique du 2 novembre 1321, au chiffre définitif et absolu de trente-deux, y compris les huit dignitaires qui formaient comme une aristocratie spéciale au sein d'une compagnie éminemment aristocratique ^ H n'y fut rien changé, depuis, jusqu'au dernier jour de l'institution, en 1791. Tous devaient appartenir à une noblesse irréprochable et faire preuve de seize quartiers. Le roi de France était, de droit, premier chanoine : c'est à lui que fut réservée la nomination du prévôt de Fourvière (l'un des principaux dignitaires du chapitre), quand eut lieu l'annexion de l'île Barbe à la ville de Lyon.
Si l'on envisage maintenant le prix que les familles attachaient à compter un de leurs membres parmi cette société de choix, on s'expliquera mieux ce que nous avons dit des « rêves » de madame de Beaumont. Et qui n'excuserait cette ambition de mère, — cette faiblesse, si l'on veut, — quand on sait que la pieuse femme attendait d'être en repos sur l'avenir de chacun de ses fils, pour aller dédier à Dieu le reste de ses jours dans un humble monastère de Sarlat ! Il lui sembla donc que tous ses vœux étaient remplis et qu'elle pouvait enfin se retirer du monde le jour où son bienaimé Christophe lui transmit une copie officielle de la délibération suivante :