SOLENNITE DE RECEPTION
qui élèvent leur flambeau de cire blanche, il prononce à haute voix la formule ordinaire du serment ^
Le nouveau chanoine jurait, en substance, « fidélité et soumission aux anciens statuts ainsi qu'aux règlements futurs que le besoin des temps pourrait rendre un jour nécessaires. » Il promettait de « ne jamais souffrir que la moindre atteinte fût portée aux propriétés de la compagnie ou à ses biens et de s'opposer à toute électiooi d'un membre qui n'aurait pas été promu selon les règles canoniques. » Il s'engageait enfin à « respecter l'ordonnance qui avait réduit le nombre des chanoines-comtes, et à ne point s'affranchir sans motif des lois sacrées de la résidence. »
Les officiers du roi s'étant alors retirés, l'abbé de Beaumont, escorté par le seigneur chamarier et le comte de la Gailaye, fut conduit au chœur de la Primatiale et installé à sa place du « côté droit » avec le rit accoutumé. Après lecture faite des provisions et autres formalités d'usage, « nul n'empêchant ny contredisant, » on le ra mena dans la salle capitulaire où ses collègues lui donnèrent le baiser de paix. La fête s'acheva dans une effusion réciproque de compliments et d'actions de grâces.
Le « noviciat » allait donc commencer pour le jeune chanoine. Cette période, qu'on nommait la « rigoureuse, » comprenait tout le temps qui s'écoule de la veille de
1 Celte pièce latine, que sa longueur nous empoche de reproduire, peut être consultée dans un curieux manuscrit sur vélin qui porto le n° 870 à la Bibliothèque de Lyon (catalogue Delandine, 1334). L'Histoire monumerUale de cette ville (t. V) la donne pareillement in extenso^ mais il est à regretter que certaines fautes typographiques en rendent parfois le sens inintelligible. Signalons, par exemple, consentiens et pour consentiens ut, et surtout merum mis pour morum. Il faut, do plus, ajouter et composilionem avant faclam ullirno, et intercaler canonicorum entre certo et numéro.